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En lisant en rêvant

Avec En lisant en rêvant, Joël Cornuault signe un ouvrage qui, dès le titre, fait ouvertement signe à Julien Gracq (dont les éditions José Corti viennent de faire paraître Nœuds de vie). L’auteur d’En lisant en écrivant est effectivement bien présent dans cet élégant petit livre. Mais Cornuault ne se contente pas de Gracq, puisqu’on trouvera nombre d’autres lectures et commentaires qui, souvent, relèvent de l’éclat ou de la fulgurance.


En lisant en rêvant peut en effet être considéré, de même que Les Grandes soifs parues au Cadran Ligné (2022), comme un journal de bord, mais qui, se méfiant de la temporalité, négligerait de dater les instants qu’il recueille : une sensibilité rêveuse aménage son chemin aussi bien parmi les livres qu’au creux de la vie. Mais on devine bien l’époque, la nôtre, à travers ce journal non daté, comme suspendu dans le temps idéal que Cornuault tâche d’établir : « La vie n’est pas un phénomène d’actualité. Passé, présent, avenir, quand je vis le plus, toutes les dimensions m’habitent et me soulèvent. » Cornuault laisse sédimenter le temps en lui, de sorte à en faire remonter le souvenir. Particulièrement touchantes sont les évocations d’une jeunesse vécue en groupe, entre poésie et philosophie, où une éthique certaine déjà se dessinait : « les formes d’esprit les plus élevées nous deviendraient des armes aussi bien que des boucliers dans l’existence. Permettre aux plus faibles de mettre au point leur propre pensée dans la ‘‘guerre des rêves’’ qu’ils livrent aux plus forts. »

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