
J’aime les dictionnaires, je les lis.
À la page 693 de l’édition du dictionnaire bilingue Harrap’s Shorter parue en 1991, j’y fis mes premières gammes d’angliciste, l’entrée du verbe « to read » donne pour exemple : « to read Proust in the original, lire Proust dans le texte. » L’entrée du verbe « lire » ne fait quant à elle pas allusion à Proust. Par contre, on aura à la page 754, pour illustrer la locution « dans le texte » (entrée « texte »), l’exemple suivant : « lire Goethe dans le texte, to read Goethe in the original ».
À la page 765 de l’édition du même dictionnaire figure un curieux exemple dans la définition de l’adverbe « tout » : « lire tout Joyce, to read all of or the whole of Joyce ». Que Joyce soit inséparable de l’idée de totalité n’est pas dénué de sens. Je trouve en revanche assez contestable qu’un auteur que l’on taxe souvent d’illisibilité serve d’exemple lorsqu’il s’agit de lire l’ensemble d’une œuvre. D’abord, à quoi renvoie la proposition « lire Joyce » ? Alors, lire tout d’un auteur, a fortiori Joyce…