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Rêver de la Saison

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Rêvé, la semaine dernière, que je me trouvais par je-ne-sais quel truchement, en octobre 1873, à Bruxelles. Je faisais l’acquisition, pour un franc, d’une édition fraîchement imprimée d’Une Saison en Enfer. Quel trésor j’avais déniché ! Or, cela créait une aberration dans l’espace-temps littéraire. Je privais, sans doute, un lecteur du maître-livre de Rimbaud.

Le destin de ce lecteur aurait été d’aller parler, quelques années plus tard, de cette découverte à, qui sait? Benjamin Fondane.

Mon achat, pensais-je en rêve, est une catastrophe. Il fait un trou dans l’histoire littéraire, dont je ne mesure pas l’ampleur vraiment. De cela, j’étais alors conscient, traversé par un sentiment aussi désagréable que confus.

Ce rêve m’a poussé à rouvrir Rimbaud le voyou, le livre de Fondane, comme pour m’assurer de son existence, pour me persuader que je ne l’ai pas, lui, rêvé.

Je me suis souvenu de ce rêve assez soudainement, il était indémêlable de son étrange confusion. J’étais au volant, et, à la radio, Marie Richeux parlait de Fondane justement.

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