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D’une œuvre absurde

Il n’y a qu’un problème littéraire vraiment sérieux : c’est l’aventure. Juger que l’œuvre de Sylvain Tesson vaut ou ne vaut pas la peine d’être lue, c’est répondre à la question fondamentale de la littérature. Le reste, si le monde a trois dimensions, si l’esprit a neuf ou douze catégories, vient ensuite. Ce sont des jeux ; il faut d’abord répondre. Et s’il est vrai, comme le veut Nietzsche, qu’un philosophe, pour être estimable, doive prêcher d’exemple, on saisit l’importance de cette réponse puisqu’elle va précéder l’aventure. Ce sont là des évidences sensibles au cœur, mais qu’il faut approfondir pour les rendre claires à l’esprit.

Je laisse Sylvain Tesson au bas de la montagne ! On retrouve toujours son fardeau. Mais Sylvain Tesson enseigne la fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers. Lui aussi juge tout ce qui est bien. Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir le cœur de Sylvain Tesson. Il faut imaginer Sylvain Tesson heureux.

On trouvera ici un autre hommage à l’écrivain-aventurier.

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