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Un petit infini

Critique 1) des professeurs; 2) des journalistes. Distingo assez juste établi par Albert Thibaudet. Je ne prétends pratiquer consciencieusement ni l’une ni l’autre. Mais il se peut que des fois je me situe dans la première catégorie; d’autres fois, dans la seconde. Ce n’est pas à moi d’en juger. À tout prendre, je préférerais évoluer dans un espace du ni 1 ni 2, que j’inventerais à mesure. Thibaudet en parle, aussi, de cette zone de création (oh! les grands mots sont lâchés).

Nous sommes en 2026, démocraties fatiguées, postmodernisme de bon aloi, massification de la culture, socialisme éviscéré, prolétarisation de l’intellectuel (et pourquoi non?), etc. Or, il semble que, vieille comme le dix-neuvième siècle, la distinction entre journalistes et professeurs soit encore de mise. Se soit accentuée même. Verdeur, donc, de Thibaudet dans son jugement sur la critique.

Se soit accentuée jusqu’au ridicule. D’un côté, la critique universitaire que personne ne lit, qui tend à confisquer l’œuvre à force de spécialisation et/ou de carriérisme (attention, j’ai les noms). De l’autre, les docteurs improvisés ès complaisance que tout le monde lit et oublie aussi vite, journaleux et autres influenceurs publicitaires lesquels inféodent l’œuvre au marché, parfois non sans de laborieux efforts instagramés peu reconnus, mi catins mi proxénètes, faut bien qu’on vive qu’est-ce que tu crois (là aussi, on a les noms). Ces deux infinis mauvais et mesquins travaillent inlassablement, dans le mépris avide l’un de l’autre. C’est le vertige stupide de l’absolu contre le vortex d’un relativisme béat.

Alors, quoi ?

J’aimerais, quant à moi, me situer à une distance la plus salubre possible de 1 et de 2. Bricoler mon infini moi-même dans mon coin. Ici-même sur le mien blogue, dans mon Bau, mon terrier. Un petit infini qui me convient, une hétérodoxie tranquille qui me permet sinon de tracer mon chemin, tout du moins de respirer un peu.

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