comme Le mot « comme » est un opérateur de comparaison, mieux encore : de jonction. Le comme est très fréquent chez Albarracin. Le poète de l’image est aussi un poète de la comparaison, du comme. Peut-être que la comparaison a pour Albarracin un statut supérieur à la métaphore. « L’être est du comme. » (De l’Image). Le travail d’analogie… Lire la suite Trois ébauches de mots pour Albarracin (comme, oupséité, Witz)
Auteur : mathieujung
Le Gigolo des dieux
Luis Ernesto Valencia pour Mateo Le mythe de l'enfant-poète, de Rimbaud à Minou Drouet, fascine. Le destin de Luis Ernesto Valencia (1958-1968) est quant à lui bouleversant. Peut-être même au-delà ou en decà de toute poésie. Comment ne pas être ému de la trajectoire de ce gosse qui quitte ses parents à l'âge de cinq… Lire la suite Le Gigolo des dieux
En suspension
Avec Bartleby et compagnie, Enrique Vila-Matas reprend à son compte ce qu'écrit Marcel Benabou dans Pourquoi je n'ai écrit aucun de mes livres : "Les livres que je n'ai pas écrits, n'allez surtout pas croire, lecteur, qu'ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension… Lire la suite En suspension
Proust allégorie de la lecture, une évidence
Je ne me place pas en spécialiste de Marcel Proust. Je lis Proust, dont je me considère comme un lecteur un peu obsessionnel. Ni plus ni moins, je pense, que toute lectrice ou lecteur de Proust. Mon rapport sciemment hétérodoxe à cet auteur — mon dilettantisme éclairé — se nourrit de lectures qui, elles-mêmes, ne… Lire la suite Proust allégorie de la lecture, une évidence
Brian Wilson, God Only Knows
pour Fredpour Micka Brian Wilson était de ces créateurs qui savent être à la fois intensément au cœur des choses et superbement à côté de la plaque. Cette double situation sans doute intenable pour lui fit de lui ce qu'on appelle communément un génie. On dit de Brian qu'il était la tête pensante des Beach… Lire la suite Brian Wilson, God Only Knows
Lire et voir (images de lecture)
Image de lecture et d'écriture : Léon Benett, illustration pourLes Cinq cents millions de la Bégum (Jules Verne) Lire une photographie, lire une image ou un paysage, à la fois métaphore et abus de langage. Abus de langage en cela qu'on a sans doute trop misé sur l'explication linguistique du monde. Métaphore en cela que… Lire la suite Lire et voir (images de lecture)
Babylone, l’Automne à Pékin, la ligne A
On envie ces écrivains à course de plume qui prennent leur récit un peu là où cela leur chante (et c'est sans doute une illusion), pour laisser filer la fiction — comprendre : pour la mener la où elle veut. Souvent cela semble hasardeux, impromptu, cahoteux et chaotique, sans fil conducteur, en apparence du moins.… Lire la suite Babylone, l’Automne à Pékin, la ligne A
Animalbarracin
https://www.youtube.com/watch?v=MaDb-8kEqtA&ab_channel=InstitutoFranc%C3%A9sdeChile L’animal « n’est pas forcément là pour autre chose que pour lui-même ». Et Albarracin de poursuivre : l’animal « surgit dans sa beauté d’animal ». Mieux encore : « il n’est pas là pour représenter autre chose que lui-même. » (entretien avec Marcela Saldaño). L’animal est obstinément là, plein de sa seule présence, du là de son cela (voir ce terme).… Lire la suite Animalbarracin
Chemins d’azalées, 3/4 (Poesibao)
Gouache de Malcolm de Chazal « Dans bien vivre, il y a un mot de trop. » Pour cette seule formule, disponible dans Sens-plastique, Malcolm mérite qu’on lui porte quelque intérêt. Une bizarre éthique se révèle chez cet écrivain méconnu, que l’on découvre à Paris à la fin des années 40, non peut-être pour les bonnes raisons.… Lire la suite Chemins d’azalées, 3/4 (Poesibao)
Celui qui arrête d’écrire
https://www.youtube.com/watch?v=ScDHnoGVltQ&ab_channel=MusicArt61 Ce n'est pas courant, un écrivain qui arrête d'écrire. Je veux dire, un écrivain qui, ayant rencontré le succès, décrète après son seul et unique roman qu'il arrête. C'est assez, es ist genug. Il a tout dit. En admettant, bien sûr, qu'il soit possible de tout dire. Dans le cas tout théorique de mon… Lire la suite Celui qui arrête d’écrire
Idiotie complète avec Vila-Matas
https://www.youtube.com/watch?v=N4iksr4RAvc&list=PLI21Mpk0oq-VJnhfGmCF9-0uqFOcZYtvG&ab_channel=mrsugarhotpants "Je me suis senti un idiot complet quand je me suis rendu compte que c'était moi-même qui venais de jeter cette liasse sur mon siège..." Dans Paris ne finit jamais, ouvrage dont j'ai pris le parti de ne pas finir, ou d'in-finir la lecture, le narrateur, lequel partage davantage qu'un air de ressemblance avec… Lire la suite Idiotie complète avec Vila-Matas
Pour une prose libre, 13 (Dylan Thomas, proses)
L'idiot se tenait debout au sommet des collines de Jarvis, contemplant la vallée immaculée, des eaux et des herbes de laquelle émanaient et se perdaient les vapeurs du matin. Il voyait se dissoudre la rosée, le bétail se mirant dans la rivière, ainsi que les nuages noirs se dissipant dans la rumeur du soleil. Le… Lire la suite Pour une prose libre, 13 (Dylan Thomas, proses)
Lecture fébrile et gigogne
Me revient cette lubie d'un portrait de lecteur. Ou du portrait de la lecture. Il m'arrive, dans mes moments les plus ridiculement exaltés, de rêver à une phénoménologie de la lecture. On en est là. Inéluctable modalité du lisible, etc. Faut-il, ne faut-il pas tenir compte de l'état d'âme de la lectrice ou du lecteur… Lire la suite Lecture fébrile et gigogne
The Other Side (Uncut, juin 2025)
Le rock est mort en 1954, Nick Tosches l'a établi en quelques pages définitives. Au fond, le rock est, par essence, une forme rémanente, fantomatique. Je ne peux m'empêcher de penser cela lorsque, comme il m'arrive de temps en temps, je feuillète des magazines consacrés au rock dans ce haut-lieu de la culture de masse… Lire la suite The Other Side (Uncut, juin 2025)
Choses lues sur la ligne A
La ligne A du tramway de Strasbourg s'étend sur un peu plus de 14 kilomètres et comprend 27 stations. Je l'ai beaucoup pratiquée ces derniers jours, depuis un petit mois maintenant, depuis le 13 avril (nous sommes le 23 mai). Dans le sens d'Illkirch-Graffenstaden, jusqu'au terminus; dans le sens également de Parc des Sports, mais… Lire la suite Choses lues sur la ligne A
L.A. Woman au Listener (Paris)
Ce sera l'occasion de désencombrer les Doors de leur mythe et de tâcher de rendre ce groupe à la musique, dans un lieu tout dédié. Voir le site du Listener. https://www.youtube.com/watch?v=hugOYSB8QgE&ab_channel=BobBarry
Ptyx contre Théâtre des Incomparables
Clément Rosset occupe une place discrète dans la bibliographie roussellienne, mais il n'en est pas moins un compagnon agréable lorsqu'il s'agit de s'aventurer dans l'œuvre déroutante de Roussel. Très tôt, dès 1983, Rosset a été sensible chez Roussel à une "écriture à rebours, qui va victorieusement à l'encontre de tout ce qu'il est conseillé et… Lire la suite Ptyx contre Théâtre des Incomparables
Prolégomènes à l’organisation d’une mission archéologique relative aux séjours successifs du poète Jean-Pierre Le Goff en la bonne ville de Strasbourg
Jean-Pierre Le Goff (février 1986), photographie de Fanny Viollet Alors que se prépare un hommage aussi vibrant que souterrain à Jean-Pierre Le Goff (celles et ceux qui savent, savent), je prends le parti quant à moi de me lancer à la recherche d'éventuelles traces, réelles ou imaginaires, que le poète a pu laisser à Strasbourg… Lire la suite Prolégomènes à l’organisation d’une mission archéologique relative aux séjours successifs du poète Jean-Pierre Le Goff en la bonne ville de Strasbourg
Roger Munier : La Voix de l’érable (Sitaudis)
Les notes de La Voix de l’érable, qui s’échelonnent de mars 1995 à septembre 1997, témoignent d’une aventure de la pensée dont la portée est, là encore, à la fois particulière et universelle. À mieux dire, on assiste à une aventure dans la pensée, à un périple intellectuel. Munier le dit excellemment : « Toute vie est voyage vers… Lire la suite Roger Munier : La Voix de l’érable (Sitaudis)
Langue qui me commence : parler pour
C'est un parler pour. Non pas une adresse seulement. C'est davantage qu'une adresse. Le parler pour de Serge Núñez Tolin est un parler dans ainsi qu'un parler sans. Le parler pour est une prière ou une louange dûment et expressément adressée, mais ce n'est pas cet aspect — évident et touchant, touchant par son évidence… Lire la suite Langue qui me commence : parler pour
La rue cachée
Henri Bergson, 1928 C'est en discutant l'autre soir avec Mathieu, au bistrot, que j'ai eu vent d'une rue cachée dans Strasbourg. Je connais cette ville assez bien, son hypercentre en particulier, et cette affaire m'a rendu curieux. Mathieu, informaticien de son état, à qui j'ai donné à lire l'article fameux de Bergson, "Le Possible et… Lire la suite La rue cachée
Théorie des ombres
Stéphane Maignan fait paraître Théorie des ombres aux Éditions Pierre Mainard, dans leur collection courante. Il s'agit d'une plaquette élégante de petit format, d'une quarantaine de pages à peine, de facture impeccable. Il importe de souligner le soin apporté à la réalisation des ouvrages chez Pierre Mainard, tant les éditeurs d'aujourd'hui tendent à rivaliser d'audace… Lire la suite Théorie des ombres
Un grand fauve s’est levé sur Strasbourg
Hier, dimanche, 27 avril à 19 heures, le cinéma du Cosmos a proposé une séance du Guépard dans une version restaurée. J'ai eu l'honneur et le plaisir de présenter le film en compagnie de Fiona Hosti. Quelques mots avant le film, puis, plus longuement, de manière aussi libre que riche, avec les quelques spectateurs encore… Lire la suite Un grand fauve s’est levé sur Strasbourg
Chemins d’azalées, 2/4 (Poesibao)
gouache de Malcolm de Chazal Malcolm décrasse nos perceptions. Pour un peu, il serait comparable à William Blake. Le proverbe est aussi une forme adoptée par le poète anglais, dans The Marriage of Heaven and Hell. Pour Blake, la nudité de la femme est l’œuvre de Dieu. Malcolm ne dit pas autre chose : « C’est par… Lire la suite Chemins d’azalées, 2/4 (Poesibao)
Roussel & Joyce : paroxysmes au regard du signifiant
J'ai l'honneur et la joie de paraître au sommaire du numéro 8 des Cahiers Raymond Roussel (Revue des Lettres Modernes Minard/Classiques Garnier) : Raymond Roussel dans son temps dirigé par Hermes Salceda et Christophe Reig, "Roussel, Joyce. Paroxysmes au regard du signifiant", pp. 55-74 [voir ici]. J'y lis Joyce et Roussel à travers un prisme… Lire la suite Roussel & Joyce : paroxysmes au regard du signifiant
Ébauche de l’évidence (un mot pour Albarracin)
évidence « Le serpent du paradoxe mord la queue de l’évidence. » Cet aphorisme de Résolutions a été mis bien en évidence, sur la quatrième de couverture du volume Résolutions. Il faut méditer le serpent de l’évidence. « La poésie dit l’évidence. Mais l’évidence est toujours à recommencer, c’est même par là qu’elle s’évide, qu’elle s’affûte et se… Lire la suite Ébauche de l’évidence (un mot pour Albarracin)
Le Guépard au Cosmos
Dans le cadre du festival Arsmondo Méditérranée en partenariat avec l'Opéra national du Rhin, séance spéciale du Guépard de Luchino Visconti, dimanche, 27 avril à 19 heures, dans la grande salle du cinéma Le Cosmos (Strasbourg). Présentation de Fiona Hosti et Mathieu Jung, lequel portera une cravate pour l'occasion. [détails]
Les Chemins de l’image (Jean-Pierre Le Goff)
Jean-Pierre Le Goff (1942-2012) parvient à réactiver la merveille au sein du quotidien, selon une pratique consciencieuse du poème. L'analyse du banal, la banalyse menée et mise en actes par Le Goff obéit aux règles rêveuses et minutieuses du hasard objectif. La Banalyse (1982-1991) est un mouvement ayant fini assez naturellement par s'occulter, selon le… Lire la suite Les Chemins de l’image (Jean-Pierre Le Goff)
Vers uniques (pour une prose libre, 12)
La méditation que je poursuis sur ce que je nomme prose libre portera ici sur l'Anthologie du vers unique de Georges Schehadé, soit un objet ouvertement lié au vers. Ce n'est un paradoxe ni un détour, tant je pressens que cette forme particulière de prose à laquelle je songe est indissociable du vers, quand bien… Lire la suite Vers uniques (pour une prose libre, 12)
Sainte-Beuve : « Nous en sommes à Dante » (chemins de Dante, 4)
Sainte-Beuve Le nom de Dante Le signifiant "Dante", la simple énonciation de ce nom déclenche une sorte de grand frisson. En français, cette seule syllabe — et, plus encore, on l'a beaucoup souligné, l'adjectif "dantesque" qui en dérive — encombre la réception de la Divine Comédie, de Vita Nova, des Rimes, empêche l'accès serein à… Lire la suite Sainte-Beuve : « Nous en sommes à Dante » (chemins de Dante, 4)
Poésie en alsacien (revue L’intranquille n° 28)
Parution d'une anthologie de poésie en langue alsacienne établie par mes soins pour le n° 28 de la revue L'Intranquille (mars 2025). Au sommaire de ce florilège bilingue d'une trentaine de pages : les frères Matthis, Nathan Katz, Lina Ritter, Emile Storck, Claude Vigée, Conrad Winter, André Weckmann, Gaston Jung, Adrien Finck, Sylvie Reff et… Lire la suite Poésie en alsacien (revue L’intranquille n° 28)
11 signes, espaces comprises
Longtemps, j'ai cru que la phrase la plus courte d'À la Recherche du Temps perdu se trouvait dans Le Temps retrouvé (la plus longue étant dans Sodome et Gomorrhe, I — elle comprend un peu plus de 900 mots). "Long à écrire." La phrase tient en 3 mots. En 14 signes, espaces comprises. "Long à… Lire la suite 11 signes, espaces comprises
Trois ébauches de mots pour Albarracin (briquet, image, proverbe)
briquet « L’image est un feu qui a brûlé l’étape du feu. »(De l'image) Souvent je songe à Albarracin, à nos discussions matinales et simples au Café de la Mairie. La magie opère alors, et il me plaît de penser que nous sommes déjà dans le poème. Soit le poème suivant, tiré de Shifumi : Le papillon comme… Lire la suite Trois ébauches de mots pour Albarracin (briquet, image, proverbe)
Ambrose Bierce : Le Dictionnaire du Diable
Je songe depuis quelque temps à entamer une longue méditation qui aurait pour objet mon rapport au dictionnaire. Les notes se sont accumulées, sans ordre précis. Persuadé que je suis, dans mes bons jours, de la cohérence secrète de toute chose. Je médite également, ces temps-ci, sur l'aphorisme en tant que forme. Par exemple :… Lire la suite Ambrose Bierce : Le Dictionnaire du Diable
Occulter la poésie
Il va sans dire que la poésie est devenue, comme toute chose, un objet de marketing. Pourquoi ferait-elle exception ? Je veux dire, la poésie, ce bien qui appartient à personne et à tout le monde — au nom de quoi pourrait-elle être le lieu ou le prétexte d’une quelconque résistance ? Si l'on persiste d'ailleurs à l'enseigner,… Lire la suite Occulter la poésie
Ann Loubert : B. assis sur sa mort
On abuse beaucoup, de nos jours, au prétexte d'une éthique réflexe mal dissociée d'une idéologie panique, du terme de nécessité. Telle œuvre est nécessaire, en cela qu'elle émane d'une juste cause, en cela qu'elle participe d'un effort au bien. Tout juste parue aux toutes jeunes éditions Sur Paroles, la petite plaquette d'Ann Loubert résulte quant… Lire la suite Ann Loubert : B. assis sur sa mort
Joe Bousquet : l’opium des songes
L’œuvre de Joe Bousquet se présente comme une imposante masse de texte, un journal lyrique « à la fois rompu et ininterrompu » (Hubert Juin) où les lettres à Marthe, à Ginette, à Germaine « Poisson d’or », à Fany, à Linette et à quelques autres constituent une part non négligeable. L’Opium des songes rassemble les lettres jusqu’ici inédites… Lire la suite Joe Bousquet : l’opium des songes
« Infime » pour Albarracin et Viguié (ébauche de mot)
infime Les anges, nous rappelle Dante, n’ont pas l’infirmité du langage, ils sont manifestation pure (De Vulgari eloquentia). On appelle cela entéléchie, forme des formes, comme on voudra. Le poème d’Albarracin est souvent quant à lui au service des petits mots de la langue, de l’infimité de la langue. Prenant acte de l’infirmité ou de… Lire la suite « Infime » pour Albarracin et Viguié (ébauche de mot)
Nominalisme & warp zone
DIVO EXPEDITO MARTYRI inscrit en grandes lettres sur le fronton d'une église aux franges du centre historique de Palerme, en Sicile. Je prends le parti de préciser, car il existe un quartier de Buenos Aires qui se nomme Palermo, tout comme la ville de Sicile. Je ne sais pas si le nominalisme se soigne; je… Lire la suite Nominalisme & warp zone
Proust ni fait ni à faire (pour une prose libre, 11)
Drôle de bouquin que Contre Sainte-Beuve, dont on se contente d'ânonner les désormais sempiternelles banalités au sujet du moi créateur qui s'oppose au moi social (ce sont devenu des évidences du fait de la Recherche même). L'ouvrage, tel qu'il a été livré par Bernard de Fallois en 1954, se présente comme un dossier hétérogène mais… Lire la suite Proust ni fait ni à faire (pour une prose libre, 11)
Anabase, anarchie, adolescence
Brel-Ferré-Brassens, l'image qui me fait chier On se souvient de Léo Ferré qui, dans "Le Chien", sur la fin du morceau, a ce crachat de mépris : "Je n'écris pas comme de Gaulle ou comme Perse." Cela peut suffire à durablement jeter le discrédit sur l'auteur d'Anabase (qu'on le juxtapose au Général peut interloquer, mais… Lire la suite Anabase, anarchie, adolescence
Hermann sur la dunette (dérive lémurienne, 8)
la Djemnah, paquebot sur la dunette duquel Jules Hermann a passé la nuit du 28 au 29 octobre 1911 Nous sommes le 28 octobre 1911. Jules Hermann, licencié en droit, ancien avocat, notaire de son état, archiviste méticuleux, ancien maire de la ville de Saint-Pierre, président du Conseil général, savant réputé, historien de l’île Bourbon,… Lire la suite Hermann sur la dunette (dérive lémurienne, 8)
Le plaid du Vieux Créole (dérive lémurienne, 7)
La Djemnah, paquebot à bord duquel Jules Hermann a passé la nuit du 28 au 29 octobre 1911, en voyage pour l'île Maurice Un grand plaid bariolé recouvre le Vieux Créole. Ce sera un sommeil de quelques heures à peine. Bientôt, sur les coups de trois heures, il va se réveiller dans les parages de… Lire la suite Le plaid du Vieux Créole (dérive lémurienne, 7)
Un continent refoulé (dérive lémurienne, 6)
Mann kann auch in die Höhe fallen, so wie in die Tiefe. (Hölderlin) Les étoiles du ciel sont nécessairement liées aux profondeurs du Grand Océan. Il ne saurait en être autrement. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en… Lire la suite Un continent refoulé (dérive lémurienne, 6)
Le théodolite de voyage (dérive lémurienne, 5)
théodolite portatif ou de voyage Dimanche, 9 mai 1909, jour des lémuries. Sous la varangue, Jules et les cousins Leblond évoquent Tanibé, la grande île de Madagascar. Le notaire énonce des thèses surprenantes au sujet du parler océanien. Ary et Marius Leblond, cousins et gémeaux de plume qui ont leurs entrées à Paris sont quelque… Lire la suite Le théodolite de voyage (dérive lémurienne, 5)
Bergamotte à phylactère déployé (dérive lémurienne, 4)
Lorsque j’arpente les mille plateaux de la Lémurie, je ne peux m’empêcher de penser aux sept explorateurs de l’expédition Sanders-Hardmuth. Plus particulièrement, au professeur Bergamotte, avec ses gros sourcils en broussaille, sa barbe en lame de bêche, son rire fait de grosses lettres qui résonne dans tout le phylactère tandis que le costaud bonhomme se… Lire la suite Bergamotte à phylactère déployé (dérive lémurienne, 4)
Hermann sur la Plaine (dérive lémurienne, 3)
Jules Hermann (1845-1924) J’imagine ce moment où Maître Hermann passe corps et âme de l’autre côté. Il herborise sur la Plaine. Nous sommes en juillet, peut-être en août. L’hiver austral. L’ombre des badamiers de Saint-Leu ne se dessine pas bien sur le sol. Hermann perçoit des phosphènes, des taches de couleur dans la nuit sans… Lire la suite Hermann sur la Plaine (dérive lémurienne, 3)
L’ogre polymathe (dérive lémurienne, 2)
Fixing a hole in the oceanTrying to make a dovetail joint, yeahLooking through a glass onion (The Beatles) On entendait parler depuis longtemps de cet ouvrage étrange et bouleversant, sans être en mesure de le lire pour autant. Jusqu’à peu, à part peut-être quelque tisaneur halluciné du Sud sauvage, ou je-ne-sais quel gratteur ti bois… Lire la suite L’ogre polymathe (dérive lémurienne, 2)
Lecture naufrage (dérive lémurienne, 1)
These fragments I have shored against my ruins(The Waste Land) C’est un caillou jeté loin dans le Grand Océan. Je me demande quelquefois si cet endroit existe vraiment. Les anciennes cartes arabes semblent en attester. Mais cela ne veut rien dire : jusqu’au dix-neuvième siècle encore, certains cartographes faisaient état d’îles fantômes, entrevues par des marins… Lire la suite Lecture naufrage (dérive lémurienne, 1)
Penser le Grand Océan, le rêver
L’océan Indien est une tache aveugle au sein de notre culture largement « occidentée ». Le Grand Océan, zone géographique littéralement révélée par Jules Hermann, donne lieu à un contre-discours qui vise à déjouer les piètres certitudes de la vieille Europe. Les visions d’Hermann, bien sûr, sont bordées de folie. Mais c’est un délire ample et grandiose… Lire la suite Penser le Grand Océan, le rêver
Ping-Ponge (une ébauche de mot pour Albarracin)
ping-Ponge L’apport de Francis Ponge (1899-1988) est patent chez Albarracin, notamment dans Le Grand Chosier (2015), recueil où Albarracin est éminemment pongien, et même pongiste, au sens où il propose un poème dont le vers, de plus en plus court, mime l’amplitude, toujours plus réduite, du rebond de la balle de ping-pong sur la table… Lire la suite Ping-Ponge (une ébauche de mot pour Albarracin)
Kioskenwerk, 1
signe royal de Kih-Oskh pour Fiona J'ai retrouvé un fichier ancien, stocké sur un disque dur externe, daté de mars 2010. Il s'agit d'un début de méditation sans doute interminable sur les kiosques, et plus particulièrement sur les kiosques à journaux. Les notes y manquent de cohérence mais certaines d'entre elles n'en finissent pas, depuis… Lire la suite Kioskenwerk, 1
Chemins d’azalées, 1/4 (Poesibao)
Malcolm de Chazal est tout entier contenu dans le passage suivant : « Un jour, par une après-midi très pure, je marchais quand, face à un bosquet d’azalées, je vis pour la première fois une fleur d’azalée me regarder… Un pont s’établit entre moi et l’univers. » (Sens unique, 1974 – il reviendra souvent sur ce moment-clef). Je… Lire la suite Chemins d’azalées, 1/4 (Poesibao)
Räje (La Pluie), Gaston Jung (notes sur la traduction, 12)
Räje Kumm s’esch kümmninneBlii noch ebessel (ja saads) Dräj di. Wi rund senn dinni ärm un auewie glaan und rund dinni… heerschde wend em gässel hille? Heersch de hund drüsse em nassejoole? S’räjt allewäjWedd doobliwe?Wurum ich nix meh schriibodder lääs? (ja? saads) Fröj ned, luej ned uff d’ühr, s’esch aansMorje freejesch fiirda (es wodd fröje) Wänn… Lire la suite Räje (La Pluie), Gaston Jung (notes sur la traduction, 12)
Aanfiirholz (Petit bois), Gaston Jung (notes sur la traduction, 11)
Je garde un souvenir très vif de Gaston Jung (1932-2018), que je croisais quelquefois à la terrasse de La Nouvelle Poste, à celle du café du TNS ou encore à la Taverne française. Je n'ai hélas jamais osé l'aborder pour lui adresser la parole. Je me souviens d'un monsieur voûté, dont la seule présence inspirait… Lire la suite Aanfiirholz (Petit bois), Gaston Jung (notes sur la traduction, 11)
Étant donnés deux ornithorynques (Roussel, Duchamp)
On jubile à la découverte du beau livre de Philippe Lapierre consacré à un cas de gémellité troublante : celui de Raymond Roussel et de Marcel Duchamp. C'est un beau livre, au sens où il s'agit d'un livre agréablement illustré, d'assez grand format, presque un livre d'art. Les 158 illustrations originales réalisées par l'auteur font… Lire la suite Étant donnés deux ornithorynques (Roussel, Duchamp)
Un petit livre sur l’Annunciata
per Evelina Je rêve depuis longtemps à un grand livre qui n'aurait pour objet qu'un seul tableau. Cet ouvrage serait consacré à l'Annunciata d'Antonello da Messina. Un livre fort épais. Un grand millier de pages. Peut-être davantage. Une somme immense, une tentative d'épuisement qui viserait à dire tout ce qui peut être dit au sujet… Lire la suite Un petit livre sur l’Annunciata
2 autres ébauches de mots pour Albarracin
intérieur de la cathédrale d'Albarracin (Espagne) collectif « La poésie sera faite par tous. Non par un. » Le mot d’Isidore Ducasse est célèbre. Non par un, donc. Un sens du collectif anime Albarracin, qui co-anime depuis 2017 la revue Catastrophes avec Guillaume Condello et Pierre Vinclair. On peut presque parler d’une communauté, ramifiée non seulement à… Lire la suite 2 autres ébauches de mots pour Albarracin
Arrangements rétrospectifs, cauchemar de l’histoire
James Joyce par Berenice Abbott, 1926 L'expression "retrospective arrangement" apparaît sept fois dans Ulysses. L'arrangement rétrospectif est une pratique très joycienne : l'action de Ulysses se déroule une bonne dizaine d'années avant le temps de son écriture. La première guerre mondiale, par exemple, peut ainsi se répercuter rétrospectivement sur la matinée du 16 juin 1904.… Lire la suite Arrangements rétrospectifs, cauchemar de l’histoire
Le déjeuner Ulysse
C'est une drôle de photographie. On ne sait pas qui est au centre de l'attention vraiment. Est-ce Paul Valéry, ou bien James Joyce ? La présence de Jules Romains et d'André Chamson est assez inexplicable (ce sont les amis d'Adrienne Monnier). Celle de Valéry, qui semble présider, l'est sans doute presque autant. Il y a,… Lire la suite Le déjeuner Ulysse
7 heures et 15 jours
https://www.youtube.com/watch?v=NAOKzvL8dgk&ab_channel=SineadOConnorVEVO "It's been seven hours and fifteen days/ Since you took your love away." Cela fait sept heures et quinze jours que tu es parti(e) avec ton amour. Il s'agit d'un texte de Prince, composé en 1984, que Sinéad O'Connor a immortalisé — transcendé, à mieux dire — en 1989, sur l'album I Do Not… Lire la suite 7 heures et 15 jours
Roussel/Foucault
pour Benjamin Le Raymond Roussel (1963) de Michel Foucault se trouve en bonne place sur les rayonnages de la bibliothèque des rousselliens, ou des rouselâtres. Il est pour moi une sorte de livre-fétiche. Le hasard a placé ce talisman entre mes mains, et j'ai longtemps cheminé avec en poche ce petit volume où j'ai toujours… Lire la suite Roussel/Foucault
Antonio Porchia (Voix)
Antonio Porchia est, avec Voix [Voces, première édition 1943], l'homme d'un seul livre. Ce scriptor unius libri jouit d'une gloire un peu secrète. Il était, lui-même, un homme discret, retiré du monde. Porchia a néanmoins été remarqué par Roger Caillois, qui le rencontra à Buenos Aires et qui fut le premier à le traduire. Un… Lire la suite Antonio Porchia (Voix)
Foisonnement (notes sur la traduction, 10)
Dans le jargon traductologique, il est question du taux de foisonnement. Une langue foisonne davantage qu'une autre. Réputé pour ses monosyllabes, l'anglais a un foisonnement négatif par rapport au français ou à l'italien par exemple. (La formule foisonnement négatif me laisse songeur.) En clair, on emploie moins de matériau linguistique pour traduire en direction d'une… Lire la suite Foisonnement (notes sur la traduction, 10)
In absentia (pour une prose libre, 10)
Sans doute que la notion de prose libre contient quelque impureté dès le départ. Non qu'elle soit mal pensée. Elle n'a pas été pensée encore, bien que, çà et là, on ait pu faire usage de cette appellation déjà. Sans qu'elle soit un mauvais objet théorique, elle ne saurait se restreindre à une définition ou… Lire la suite In absentia (pour une prose libre, 10)
Une rose pour Albarracin
rose Vita Cristi (1480-1490) Je tente de réaliser un florilège pour Albarracin. Florilège, c’est-à-dire, des fleurs mises ensemble, données à lire. Voici donc la rose. Mais avant la rose, parlons de fleurs, qui ne seront pas ici de rhétorique. Voyons ce que dit le poète à propos de fleurs. J’en prélève une, précisément, par la… Lire la suite Une rose pour Albarracin
Take It As It Comes
https://www.youtube.com/watch?v=yIS9-0qryzM&list=RDyIS9-0qryzM&start_radio=1&ab_channel=TheDoors-Topic Alors, pour toi, le meilleur morceau des Doors, c'est lequel? Incontestablement "Take It As It Comes". Encore qu'il ne s'écoute finalement que dans la perspective de l'ensemble sinon du premier album, des six albums studio du groupe. "Take It As It Comes" est une sorte de "Light My Fire", en moins ample mais en… Lire la suite Take It As It Comes
Consulaire, le Consul
Soit le paragraphe suivant, tiré du deuxième chapitre du Volcan. Outside, in the sunlight, in the backwash of tabid music from the still-continuing ball, Yvonne waited again, casting nervous glances over her shoulder at the main entrance of the hotel from which belated revellers like half-dazed wasps out of a hidden nest issued every few… Lire la suite Consulaire, le Consul
Lampedusa & l’Espagne : les beaux yeux de Maman
per Nicoletta C'est un aspect de Giuseppe Tomasi di Lampedusa qui n'avait jamais été abordé de manière aussi sensible et profonde. On a en effet tendance à ne voir en l'écrivain sicilien qu'un lecteur des domaines français et anglais, délaissant même quelque peu les auteurs italiens. Tout y incite. À commencer par les leçons de… Lire la suite Lampedusa & l’Espagne : les beaux yeux de Maman
O. V. de L. Milosz, Œuvres
Admiré d’Oscar Wilde, qui voyait en lui l’incarnation de la poésie (« Et voici Milosz-la-Poésie. »), mais aussi de poètes aussi variés que Claudel, Valéry ou Apollinaire, O. V. de L. Milosz n’en jouit pas moins d’une sorte d’occultation naturelle, liée autant à la trajectoire de sa personnalité qu’aux arcanes mêmes de son écriture. Cet auteur de… Lire la suite O. V. de L. Milosz, Œuvres
3 ébauches de mots pour Albarracin
à-peu-près L’à-peu-près, la ressemblance partielle, sert de stimulant à la pensée autant qu’au poème. La contraction propre à la métaphore en appelle à sa contradiction (parfois en toute décontraction) ; de même que l’apparence permet d’apparier, de travailler le réel et son double. Cela fonctionne au niveau du mot : un mot pour un autre ; mais aussi… Lire la suite 3 ébauches de mots pour Albarracin
Volkovitch et alli : traduire en vers ? (notes sur la traduction, 9)
Je l'ai dit et répété, ici-même. Se résoudre à l'idée selon laquelle la poésie est intraduisible relève à mes yeux d'une impardonnable paresse intellectuelle et, à mieux dire, morale. C'est bien connu, si la critique est facile, l'art est quant à lui difficile. Je suis moi-même un piètre traducteur de poésie. Il m'arrive, pour tenter… Lire la suite Volkovitch et alli : traduire en vers ? (notes sur la traduction, 9)
117 remarques sur Tarkos et sur le travail ainsi que sur l’idiotie
Avertissement. Cet article a été écrit sciemment avec les pieds. Ni fait ni à faire, il vise à mimer, disons, l'avortement de l'esprit critique. Et c'est là la moindre des politesses herméneutiques, au vu du sujet abordé. Sturzgeburt ou maïeutique à la vas-y-que-je-te-pousse, laquelle tourne mal, quasi les pieds devant, étant placée sous les augures… Lire la suite 117 remarques sur Tarkos et sur le travail ainsi que sur l’idiotie
L.A. Woman & les éditions Densité à la Librairie Kléber
https://www.youtube.com/watch?v=hugOYSB8QgE&ab_channel=BobBarry "I hate to spook anybody. But this is my favorite number." "So, play your ass off, bro.""Uh... Well! C'mon... AAAAAAAAAAHHHHHHHHH! Uh...! FUCK!" (session d'enregistrement de L.A. Woman, hiver 1970, Santa Monica Boulevard). Jeudi, 31 octobre, 18h00 : présentation de L.A. Woman à la Librairie Kléber, en présence d'Hugues Massello qui dirige d'une main de… Lire la suite L.A. Woman & les éditions Densité à la Librairie Kléber
Prolégomènes à un sonnet ou non (notes sur la traduction, 8)
« Un poème sur le papier n’est rien qu’une écriture soumise à tout ce qu’on peut faire d’une écriture. »(Paul Valéry, Cours de poétique, première leçon, 10 décembre 1937). Je tentais, l’autre nuit et sans grand succès, la traduction d’un poème de Malcolm Lowry. Un poème de 13 vers, presque un sonnet. Je me suis pris à… Lire la suite Prolégomènes à un sonnet ou non (notes sur la traduction, 8)
The Drunkard/L’ivrogne (Malcolm Lowry)
THE DRUNKARD The noise of death is in the desolate barWhere tranquility sits bowed over its prayerAnd music shells the dream of the loverBut when no nickel buys this harsh despairInto this loneliest of homesAnd of all dooms the loneliest yetWhere no electric music breaks the beatOf hearts to be doubly broken but now setBy… Lire la suite The Drunkard/L’ivrogne (Malcolm Lowry)
Dagmara Kraus, toutes langues (notes sur la traduction, 7)
Voici un livre auquel je rêvais depuis longtemps, confusément, sans même oser espérer qu'une pareille chose pût exister. si je parlais (toutes langues), plaquette de Dagmara Kraus parue aux éditions Grèges, témoigne vivement de ce que la traduction est en mesure d'apporter à l'écriture poétique. Ces quelque quatre-vingt dix pages sont une anthologie prise en… Lire la suite Dagmara Kraus, toutes langues (notes sur la traduction, 7)
Les trois visages d’Arthur Rimbaud ou la fabrication d’une icône
Projection du documentaire d'Alexis Metzinger, Les trois visages d'Arthur Rimbaud ou la fabrication d'une icône, mercredi 09 octobre 2024, à 18:30, à l'auditorium de la BNU, Strasbourg. J'aurai le plaisir de poser quelques questions au réalisateur à l'issue de la séance. Voir les détails ici. https://www.youtube.com/watch?v=CxxiZiMUbUk
Pour une prose libre, 9 (Georges Bataille, le hérisson qui pourrit)
pour Loïc Je relis la Somme Athéologique de Georges Bataille. Mais c'est comme une première lecture. Je ne veux pas, pas cette fois, me laisser charmer par cette prose salubre et vénéneuse. Une question me vient : comment surgissent les propositions chez Bataille? Je poursuis ma lecture, en ne pensant qu'à cela, en oubliant l'extase,… Lire la suite Pour une prose libre, 9 (Georges Bataille, le hérisson qui pourrit)
Rencontre avec Camille Readman Prud’homme à la librairie Quai des Brumes, 8 octobre 2024
Dans le cadre des événements de la Maison de la Poésie de Strasbourg et du festival Le Québec à Quai, j'aurai l'honneur et le plaisir de poser quelques questions à Camille Readman Prud'homme, au sujet de Quand je ne dis rien je pense encore, son livre paru à L'Oie de Cravan (Montréal). Librairie Quai des… Lire la suite Rencontre avec Camille Readman Prud’homme à la librairie Quai des Brumes, 8 octobre 2024
Pour une prose libre, 8 (idée de la prose, Denkbilder)
Non, la prose libre n'est pas de l'ordre simplement de la forme. Elle est aussi bien une figure du contenu, de la pensée. Giorgio Agamben pratique la prose libre dans son ouvrage intitulé Idée de la prose [Idea della prosa, 1985]. Dans le texte éponyme de ce recueil, Agamben commence avec cette remarque : "Aucune… Lire la suite Pour une prose libre, 8 (idée de la prose, Denkbilder)
Pour une prose libre, 7 (Jouve & les Sonnets de Shakespeare, notes sur la traduction, 6)
"L'obscur travaille." (Henri Meschonnic) Nous ne sommes pas sortis des ronces. Je veux dire, pour ce qui est d'une prose libre, si tant est qu'une pareille chose existe réellement, à l'état non seulement pur (Kafka?), mais aussi bien naturel ou sauvage. Mes considérations sur la prose libre chevauchent, complètent, prolongent — lui sont tangentes en… Lire la suite Pour une prose libre, 7 (Jouve & les Sonnets de Shakespeare, notes sur la traduction, 6)
Pour une prose libre, 6 (Kafka et les subordonnées)
"Rimbaud abdique : Kafka, Raymond Roussel inaugurent."(Joe Bousquet) Hypothèse : Kafka n'écrit qu'en prose libre. Dans son cas, la prose est très éloignée du vers, distincte en somme des situations que j'ai évoquées jusqu'ici. Car la prose libre, chez Roussel, chez Jarry, se détache difficilement du vers, que celui-ci soit libre ou non. Il ne… Lire la suite Pour une prose libre, 6 (Kafka et les subordonnées)
Pour une prose libre, 5 (Jarry prix de prose)
Dans cette réflexion consacrée à la prose libre (mais qu'est-ce que la prose libre ?), il peut arriver que je délaisse temporairement un boyau pour en creuser un nouveau dans une autre direction. Quelquefois même, comme ici, ces conduits seront abandonnés, leur creusement à peine entrepris. Poétique du Terrier. De Raymond Roussel, dont il a… Lire la suite Pour une prose libre, 5 (Jarry prix de prose)
Pour une prose libre, 4 (Roussel, l’en-vers de la prose, 2)
"Asquat on the cuckstool he folded out his paper, turning its pages over on his bared knees." (Ulysses) Les notes de bas de page ont toujours été une passion pour moi, une sorte de péché mignon, de vice impuni. Ici, sur ce blogue, j'ai tenté d'en intégrer dans certains articles, mais sans succès ni désir… Lire la suite Pour une prose libre, 4 (Roussel, l’en-vers de la prose, 2)
Pour une prose libre, 3 (Roussel, l’en-vers de la prose, 1)
Je ne sais à vrai dire pas de quoi je parle, ni de quoi il retourne. Cette prose libre, je la vois partout, sans pour autant être en mesure de la saisir, de la situer pleinement. Il est encore trop tôt pour historiciser la question. Je me réclame, faute de mieux, d’un empirisme farouche. Il… Lire la suite Pour une prose libre, 3 (Roussel, l’en-vers de la prose, 1)
L’été avec Sylvia (le mythe de la rentrée, Espace d’Écriture Bleu Nuit)
Mardi, 3 septembre 2024 C'est la reprise. Je ne comprends pas, je n'ai jamais arrêté, pour ma part, rien changé vraiment à mon mode de faire, d'écrire, de lire, de rêver, de serrer les dents et ce n'est pour moi aucunement la reprise de quoi que ce soit, la continuation plutôt de l'été avec Sylvia.… Lire la suite L’été avec Sylvia (le mythe de la rentrée, Espace d’Écriture Bleu Nuit)
Pour une prose libre, 2 (passerelle de singe)
Il y a quelque temps (mars 2021), je répondais à un appel de Jean-Pascal Dubost consacré aux rapports de la prose et du vers. Quatorze auteurs, autant qu'il y a de vers dans un sonnet, furent interrogés à ce sujet. Il y a bien là un peu d'eau pour mon moulin à prose. J'y retournerai… Lire la suite Pour une prose libre, 2 (passerelle de singe)
Pour une prose libre, 1 (premiers jalons)
Il y aurait, tout d’abord, la belle formule de Hegel, la « prose du monde », que reprendra Merleau-Ponty. « Ce qui manque, écrit Hegel, c’est l’état originellement poétique du monde d’où procède la véritable épopée. Le roman, pris au sens moderne, présuppose une réalité déjà ordonnée en prose » (Cours d’esthétique, J.-P. Lefèbvre trad.). Flaubert de son côté… Lire la suite Pour une prose libre, 1 (premiers jalons)
Roberto Juarroz : « débaptiser le monde »
"Man kann auch in die Höhe fallen, so wie in die Tiefe." (Hölderlin) Peut-être que les grandes découvertes poétiques ne sont en fin de compte que les confirmations de faits déjà éprouvés, de vérités plus profondes, les réactivations durables d’idées rémanentes, de préalables fugaces. C’est à Laurent Albarracin et à Serge Núñez Tolin que je… Lire la suite Roberto Juarroz : « débaptiser le monde »
L’été avec Sylvia (poésie verticale, lectures, humeurs et rêveries divagatoires via Teulada)
Samedi, 4 août Retour, pour une durée indéterminée, mais que je souhaite la plus longue possible, à Rome, dans le grand appartement de la via Teulada, non loin des studios de la RAI. Je profite ici d’une vue sur la coupole de Saint-Pierre depuis le balcon de ma chambre — un long balcon qui fait… Lire la suite L’été avec Sylvia (poésie verticale, lectures, humeurs et rêveries divagatoires via Teulada)
L’affaire Moro : formuler l’énigme
https://youtu.be/lhO9eReS0qw?feature=shared Dans Esterno notte (2022) de Marco Bellocchio, Aldo Moro passe son temps à se laver les mains. Allusion au scandale, au début des années 90, du Parti socialiste italien (qui mettra fin complètement a la DC) autour de Bettino Craxi, mani pulite ? Il se peut. La profondeur d’Esterno notte résulte d’un travail de… Lire la suite L’affaire Moro : formuler l’énigme
Réisophie (extrait d’un lexique à venir)
Par mesure de simplification didactique, nous ne séparerons pas l’œuvre d’Albarracin de celle des Réisophes. Albarracin est le découvreur de la Réisophie ou, mieux encore, il en est l’inventeur (invention et découverte pouvant être synonymes ou non, comme on voudra). Cela revient à dire qu’Albarracin, lui-même, est un membre de l’auguste Collège de Réisophie. Affirmation… Lire la suite Réisophie (extrait d’un lexique à venir)
Le pull canari de Deleuze : paradoxes de la voix
Je garde un souvenir ému de Deleuze parlant des monades de Leibniz, à Saint-Denis. Il portait un pull de couleur canari. Bien sûr, j’étais trop jeune pour assister aux cours de Deleuze, trop jeune encore pour les apprécier, tels que rediffusés sur la RAI. Car les cours de Deleuze étaient, naguère, retransmis en Italie par… Lire la suite Le pull canari de Deleuze : paradoxes de la voix
« Qu’y suis-je ? » — sur Nathaniel Rudavsky-Brody
pour Antonio Malatesta Dans quelle mesure la poésie doit-elle ajouter quelque chose au monde ? N'est-ce pas une des vanités constitutives du poème que de se présenter comme un supplément définitif à ce qui est, alors même que le poème n'est guère qu’un dérivatif plaisant (approche bourgeoise), un cataplasme à ma peine (approche adolescente ou… Lire la suite « Qu’y suis-je ? » — sur Nathaniel Rudavsky-Brody
L’été avec Sylvia (je me souviens, bains, baignoires)
Dimanche, 21 juillet 2024, Palerme Cherchant une illustration pour cette note, j'ai vu que l'on propose à la vente l'affiche suivante sur une célèbre plate-forme commerciale, où figure une citation de The Bell Jar. La célébrité de Sylvia a infusé à un point tel dans notre culture qu’elle est entrée dans notre quotidien par la… Lire la suite L’été avec Sylvia (je me souviens, bains, baignoires)
L’araignée au fond du verre, la goutte de néant qui manque à la mer
"L'ivrogne véritable n'oublie tout que parce qu'il voit tout." (Clément Rosset, Le Réel. Traité de l'idiotie.) Dans la préface à l'édition des Selected Poems de Malcolm Lowry qu'il propose pour City Lights Books, sa remarquable maison d'édition, Lawrence Ferlinghetti réactive une analogie somme toute évidente, mille fois ressassée, entre Dylan Thomas et Lowry : tous… Lire la suite L’araignée au fond du verre, la goutte de néant qui manque à la mer
Dylan Dog : une impression d’infini
Les murs d'enceintedu labyrinthe s'entr'ouvrent surl'infini.(Serge Gainsbourg, Histoire de Melody Nelson) On trouvera difficilement imaginaire plus libre et labile que celui qui régit les fascicules de Dylan Dog. Il est admirable que le héros à la chemise rouge ne perde pas son identité dans cet inlassable ressassement, processus d'emprunts éhontés, de détournements quelquefois grotesques, de… Lire la suite Dylan Dog : une impression d’infini
L’été avec Sylvia (radiesthésie du traduire, notes sur la traduction, 5)
(Jean Tinguely, Gismo, photographie retournée) 22 juillet 2024, en route pour Siracusa Soit cette phrase tirée du chapitre VIII de The Bell Jar : "If neurotic is wanting two mutually exclusive things at one and the same time, then I’m neurotic as hell. I’ll be flying back and forth between one mutually exclusive thing and… Lire la suite L’été avec Sylvia (radiesthésie du traduire, notes sur la traduction, 5)
L’été avec Sylvia (rêver de Marilyn)
pour Laurence Samedi, 20 juillet, Palermo « La charité est cette clef. » (Rimbaud) Blanchot a beaucoup insisté sur le rapport de l’écriture à la mort. Mais a-t-on mesuré à quel point ce fétichisme curieux qui a pour nom critique littéraire n’est autre, bien souvent, qu’une terrible nécromancie ? Grands amateurs de la planche de… Lire la suite L’été avec Sylvia (rêver de Marilyn)