Dylan Thomas par Lee Miller (Londres, 1946) Ce ne sont pas les grandes expressions, les formules grandiloquentes ou les mots rares et compliqués qui rendent les poèmes intéressants. Le ptyx de Mallarmé ne m’émeut pas. Et bien sûr que l’oaristys ne mène nulle part. L’intérêt — l’émotion — réside dans une trouvaille au sein du… Lire la suite Dylan Thomas : « a grief ago »
Catégorie : Non classé
Connivence & traduction
J’avance que l’original procède d’une langue plus grande et plus étroite que la traduction. D’une langue plus mûre. L’original relève d’un dialecte, voire d’un idiolecte au sein d’une pratique présumée littéraire. Est-ce à dire qu’une traduction n’égalera jamais l’original, la dépassera encore moins ? Il arrive en tout cas qu’une traduction éclaire l’original. Longtemps, je suis… Lire la suite Connivence & traduction
Chemins de Dante, 2 : la langue comme un grand dialecte
pour Antonio au lieu de relire Oxen Ox On célèbre cette année les sept cent ans de la naissance de Dante. En conséquence, on republie massivement son œuvre. On la retraduit. En France, pour ce qui est de la Divine Comédie, on hésite entre les nouvelles traductions de René de Ceccaty (Seuil) et de Danièle… Lire la suite Chemins de Dante, 2 : la langue comme un grand dialecte
Fin d’Empire, F.J. Ossang au Corridor Bleu
Source : France Culture pour Stéphane T. « Pour survivre, écrit Ossang, il faut que l’on s’évade dans un imaginaire qui n’a plus cours. » Constat insupportable. L’escapisme n’étant que marche à la mort. Pour survivre, il faut approfondir les ombres. Témoin, le cinéma de F.J. Ossang justement, véritable cinéma d’ombre et de survie, qui n’est pas… Lire la suite Fin d’Empire, F.J. Ossang au Corridor Bleu
Ancestrale, Goliarda Sapienza
pour Maria Qu’est-ce qui fait la tenue d’un poème ? Y a-t-il une transcendance de la forme-poème ? Questionnement peut-être trop vaste et, pour tout dire, mal venu lorsqu’on considère les poèmes de jeunesse de Goliarda Sapienza regroupés dans le volume Ancestrale. Il y a un phénomène Goliarda Sapienza. Si bien qu’on ne peut réellement prendre la… Lire la suite Ancestrale, Goliarda Sapienza
Nouvelles Impressions d’Europe
En octobre 1988, paraissait un numéro d’Europe consacré à Raymond Roussel. Patrick Besnier et Pierre Bazantay en co-signaient le prologue, malicieusement intitulé « Impressions d’Europe ». Nous proposons ici, selon toute bonne logique roussellienne, de « Nouvelles Impressions d’Europe ». Sommaire et présentation du numéro
Le double Segalen (Pléiade)
Cette réédition des œuvres de Victor Segalen dirigée par Christian Doumet aux éditions de la Pléiade se présente sous la forme de deux volumes équilibrés, proposés sous coffret. D’emblée, on nous prévient : « l’idée d’exhaustivité n’a ici guère de sens » (I, x). De fait, la vaste correspondance de Segalen (quelque 1 530 lettres), par exemple, n’a pas… Lire la suite Le double Segalen (Pléiade)
Mascarons de Macron (Jean-Luc Nancy)
Le Président Emmanuel Macron, lors de l’annonce du premier confinement, au soir du 16 mars 2020, encourageait le peuple de France à la pratique de ce vice encore impuni qu’est la lecture. On se souvient de ses mots : « Lisez, retrouvez aussi ce sens de l’essentiel… » Nous sommes un certain nombre à n’avoir pas attendu ce… Lire la suite Mascarons de Macron (Jean-Luc Nancy)
La Colline éternelle
En bas du village, un grand panneau indique au visiteur qu’il est plus que souhaitable d’accéder à Vézelay à pied, non en auto. De fait, fort étroites, les rues du bourg, à partir de Pâques, sont traditionnellement prises d’assaut par des touristes venus de partout, pèlerins passablement mystiques massivement déversés là par des bus, sur… Lire la suite La Colline éternelle
Cassure & flux
J.-P.K. en décembre 2017, photo C. Chevillot La question du vers est toujours vivante. Sans doute qu’elle est éternelle, mais quid de la prose poétique, du poème en prose, du vers libre ainsi que de, surtout, leurs rapports ? N’y aurait-t-il pas, en somme (la réponse est et n’est pas inscrite dans la question), un… Lire la suite Cassure & flux
Le Colosse Miller et le miracle grec
pour Xavier Dans un article récent donné à la revue Po&sie (« Traductions du ‘‘grec’’ », 2020/4, n° 174, pp. 55-61), Jean-Luc Nancy propose de trianguler entre Ernest Renan, Henry Miller et Martin Heidegger. La traduction envisagée en tant que translation, en cela qu’elle déplace pour les mieux éclairer sens et philosophèmes (questionnant ce faisant quelques taches… Lire la suite Le Colosse Miller et le miracle grec
Les vies de Jim Morrison
This is the strangest life I’ve ever known (« Waiting for the sun », album Morrison Hotel (1970)) Les chats, c’est bien connu, disposent de neuf vies. Et les lézards alors ? Autoproclamé Roi Lézard, James Douglas Morrison (1943-1971) aura connu de nombreuses vies. Construction consciente d’une mythologie dionysiaque, déchirantes bacchanales sur Sunset Strip, apparitions scéniques… Lire la suite Les vies de Jim Morrison
Le cercueil de Sciascia
Leonardo Sciascia (source) Dans une librairie ancienne à Catane, je rencontrai un vieil homme. Son fils tenait la boutique. Le vieux était là, assis dans l’obscurité, les deux mains posées sur sa canne. Nous avons un peu conversé ensemble. Ou plutôt, il monologuait, parlait tour à tour de Verga, Zanzotto, Lucio Piccolo, Pound, d’Annunzio, Pirandello,… Lire la suite Le cercueil de Sciascia
Dictionnaire Rimbaud
Parution aux Classiques Garnier du Dictionnaire Rimbaud (Adrien Cavallaro, Yann Frémy, Alain Vaillant éd.). 888 pages, une image de l’infini. J’ai l’honneur d’y signer douze entrées, dont « Magie », « Marche », « Mort », « Ogadine (Rapport sur) », « Perec (Georges) », « Philomathie », « Au Cabarat-Vert» et « Zanzibar ».
Nostalgie de Skira, Ponge Lituraterre
La fabrique du pré a cinquante ans. L’ouvrage est réédité en collection blanche, et c’est un tout autre objet qui nous est proposé. [voir sur Sitaudis] Cette réédition sans les planches en couleurs, sans les tableaux, sans les photos, etc. fera que l’on se précipite sur l’édition de 1971, parue dans « Les sentiers de la… Lire la suite Nostalgie de Skira, Ponge Lituraterre
Notes sur Trieste. Umberto Saba, Ultime Cose
Trieste est la ville d’Italo Svevo, celle aussi où Joyce écrivit parmi ses pages les plus importantes. Paul Morand y est enterré. Valery Larbaud y effectue deux courts séjours en 1903 et en 1935. Trieste est également associée au nom de Scipio Slataper, qu’on ne lit pas en France. Pour un peu, on oublierait que… Lire la suite Notes sur Trieste. Umberto Saba, Ultime Cose
A comme Babel. Traduction, poétique : rêver entre les langues
Voici un livre jouissif consacré à l’acte de traduire. Jouissif et joueur. Réjouissant même. Un livre fait d’écarts et de pensée. Un petit livre qui met agréablement le geste de traduire en lumière, en cela que la traduction n’est pas seulement une part d’ombre inhérente à l’écriture, quelque chose d’ancillaire à la littérature ou au… Lire la suite A comme Babel. Traduction, poétique : rêver entre les langues
De la contestation considérée comme une machine célibataire
(photo : Taranis News, image tirée du reportage disponible ici (manifestation étudiante à Strasbourg, 20 janvier 2021)) On aimerait dire à cette étudiante de Strasbourg : ceci n’est pas une pancarte. Mais elle le sait. Bien sûr qu’elle le sait. « Je suis tellement en colère que j’ai fait une pancarte. » Le message serait amusant s’il… Lire la suite De la contestation considérée comme une machine célibataire
Christian Prigent, Point d’appui
Lire Point d’appui (P.O.L., 2019) parce que Christian Prigent est une voix importante dans l’écriture contemporaine serait invoquer une mauvaise raison, bête et réductrice. On peut lire Point d’appui de Prigent pour pallier la nullité du monde. Cela aide. Mais ne suffit pas, bien sûr. Voyez un peu le monde, comme il est. Il s’agit… Lire la suite Christian Prigent, Point d’appui
Raymond Roussel, « Un siècle d’écrivains »
un grand merci à Matthias, archiviste mirifique (Cliquer sur l'auto pour voir le documentaire) Voici donc remonté à la surface le soixante-douzième numéro de la collection « Un siècle d’écrivains » consacré à Raymond Roussel, diffusé une première — et unique — fois en mai 1996 sur France 3. Beaucoup d’images, fort rares, de l’écrivain sont présentées… Lire la suite Raymond Roussel, « Un siècle d’écrivains »
Ulysse (1954)
Ulysses (1954), [voir le film] pour Aux et Pierre, en songeant aux vaches de ténèbres Mario Camerini a tenté une adaptation assez hardie de l’Ulysse de Joyce en 1954. Là, donc, où Eisenstein avait abandonné. Camerini, en cela beaucoup plus courageux que son homologue russe, va très loin dans sa réécriture cinématographique de Joyce : le… Lire la suite Ulysse (1954)
C’est du maquillage, on vous rassure
« Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. » Ce sont les termes célèbres de Guy Debord, renversant une formule de Hegel, qui constituent la neuvième thèse de La Société du Spectacle (1967). Sans doute que le spectateur de BFMTV est irrémédiablement pris dans ce moment vrai du faux. Le Vrai du… Lire la suite C’est du maquillage, on vous rassure
Patine de Larbaud
Valery Larbaud à Alicante en 1918 ou 1919 Dans ses Rêveries d’un Promeneur strasbourgeois (2001), Jean-Paul Klée effectue un curieux portrait de lui-même, une sorte de tombeau (« Or, un soir de novembre 2023, le long J.-P.K. soudain se volatilisa. » — Mais on le sait bien, nous, que Jean-Paul est immortel), où il nous parle d’hypothétiques… Lire la suite Patine de Larbaud
Third Stone of the Sun (Hendrix/Delville)
Le morceau dure quelque chose comme 6 minutes 30. Il s’agit de la troisième piste de la face B de l’album Are You Experienced du Jimi Hendrix Experience. On peut l’écouter ici. C’est un paysage musical. Un désert de saturations, parcouru de rien et son contraire, au sujet duquel on a beaucoup parlé déjà. Sans… Lire la suite Third Stone of the Sun (Hendrix/Delville)
Dubliners, 1
James Joyce en 1904 Par où pénétrer l’univers de James Joyce ? Attaquer Ulysse directement. Tant qu’à faire, dans sa version originale. Ulysses donc. Mais oui. Se laisser happer par le trou noir. Ou bien se casser les dents sur le monolithe littéraire. On commence souvent à lire Joyce par son admirable roman autobiographique, A Portrait… Lire la suite Dubliners, 1
Roussel après la Littérature
Dans un essai vivifiant paru en 2018 aux Presses universitaires de France, Johan Faerber contemple le cadavre littéraire sans pour autant se joindre au cortège convenu et pénible des veuves éplorées. Au contraire. Après la Littérature (majuscule à ce mot), ouvrage sobrement sous-titré : écrire le contemporain, est tout sauf une énième veillée mortuaire. Car la… Lire la suite Roussel après la Littérature
Pierre Vinclair : circonstances de la poésie
Toute poésie est de circonstance. Et Le Confinement du monde de Pierre Vinclair le confirme. Ce recueil prend acte de la pandémie covidéenne. Il n’est pas le seul, puisque L’autre jour de Milène Tournier, paru, comme ce petit livre de Vinclair, en 2020 aux éditions Lurlure, évoque lui aussi cette crise sanitaire. De ce moment… Lire la suite Pierre Vinclair : circonstances de la poésie
Louis Brauquier
Il y a dans les polars de Jean-Claude Izzo la présence discrète, et je crois constante, d’une figure tutélaire. Un patron en rêve et en écriture, voilà Louis Brauquier (1900-1976), dont la poésie traverse le roman marseillais du grand Izzo. Il faudrait relire de près la trilogie Fabio Montale, Total Kheops, Chourmo et Solea. Brauquier… Lire la suite Louis Brauquier
Le bleu du ciel
On se souviendra peut-être du ciel au-dessus de Paris, lors de ce samedi, 21 novembre 2020, où il ne s’est rien passé. Il faut être de bien mauvaise foi pour dire que quelque chose se passe encore en France, pays qui se tient bien. (Paris, parvis des Droits de l’Homme, 21 novembre 2020, photo Yassine… Lire la suite Le bleu du ciel
Le grand cèdre de Samuel Beckett
Samuel Beckett par Richard Avendon, pour The New Yorker pour Cyril Samuel Beckett se tient sur mon palier, dans un élégant costume bleu nuit, complètement désemparé. Je ne peux que lui demander, un peu confus et très intimidé, de bien vouloir se donner la peine d’entrer. Je pense que n’importe qui à ma place aurait… Lire la suite Le grand cèdre de Samuel Beckett
Jude Stéfan désherbé
Un entretien de Jude Stéfan vient d’être mis en ligne. D’autres étaient déjà disponibles, et celui-ci, donné en 2004, est au moins aussi éclairant. https://www.youtube.com/watch?v=Ei0b6afO9-Y Entretien avec Omar Berrada (2004) Alors, J. S. n’est plus, dont je parlai déjà ici. Et voici sa voix à nouveau et toujours neuve. J’ai repris ses recueils de poèmes,… Lire la suite Jude Stéfan désherbé
Ce que l’Obstiné n’est pas (sur Marc Syren)
Voyelles en partance (1993) : Souchière, Emile-Bernard, Marc Syren (emboîtage en bois d'arbre fruitier), photo : Barneby's Ce sont des plaquettes confidentielles, auto-éditées, peu d’exemplaires tirés à compte d’auteur ou par les bons soins d’un tout petit éditeur à la subsistance, il faut bien l’admettre, carrément chancelante — quelques pages mises ensemble, des recueils de… Lire la suite Ce que l’Obstiné n’est pas (sur Marc Syren)
Dead Zone, exploser la tache aveugle
Il n’y a pas que de la misère. Alors même que, covidiée comme jamais, notre époque retient son souffle au spectacle de la mauvaise dramaturgie médiatique ourdie autour d’une élection américaine des plus pathétiques, Arte a pris l’initiative de rediffuser le Dead Zone (1983) de David Cronenberg, adaptation sobre et efficace d’un roman de Stephen… Lire la suite Dead Zone, exploser la tache aveugle
Catch, boxe, métalepse
Rocky III. Eye of the Tiger (1982) Première expérience, tout à l’heure, d’un TD mené en visioconférence avec une vaillante poignée d’étudiants de Master en Arts du spectacle et de la scène. Spécialistes de cinéma, art auquel je n’entends couic. Et spécialistes inspirants et inspirés, il faut que cela se sache. Au programme, Mythologies de… Lire la suite Catch, boxe, métalepse
Paul Léautaud, Verlaine et les fleurs
Léautaud, on ne le lit plus guère. Qui se souvient du Petit ami ? Qui va encore se resourcer dans le fort imposant Journal littéraire, ou dans le plus truculent Journal particulier ? C’était un drôle de bonhomme vêtu à la diable, Léautaud, dont on connaît surtout quelques photographies de lui âgé. Elles font partie du mythe.… Lire la suite Paul Léautaud, Verlaine et les fleurs
Grenouille
Ora ha Giotto il grido (Purgatorio) Vendredi, 4 février 1994, plateau de l’émission animée par Antoine de Caunes et Philippe Gildas, Nulle Part Ailleurs. Stéphane Saunier en est alors le programmateur musical. Qui a vu se souvient. Successivement, sur le plateau de Canal, on verra interprétés ce soir-là, juste après les Guignols : « Rape… Lire la suite Grenouille
L’Exercice du silence, Serge Núñez Tolin (Le Cadran Ligné, 2020)
Silence is sexy (Einstürzende Neubauten) La parole poétique a partie liée avec le silence, c’est entendu. Qu’elle évoque l’arbre, elle pourra s’intéresser davantage au bleu du ciel qu’aux ramures qui s’y découpent. Cette manière de négatif peut faire penser à la pratique du Zazen. L’être méditatif, immobile, laisse filer les images, vise à se retrancher de… Lire la suite L’Exercice du silence, Serge Núñez Tolin (Le Cadran Ligné, 2020)
Claro le fils
… Son of man, You cannot say, or guess, for you know only A heap of broken images, where the sun beats. (T.S. Eliot) Claro est, on le sait, un grand défricheur. Il fraye un sentier précieux dans l’espace littéraire. Ses chroniques tenues dans Le Monde des livres (2017-2019) ou encore celles, toujours d’actualité,… Lire la suite Claro le fils
« Veilleurs de toutes les nuits du monde », Marcel Proust Aujourd’hui n° 16.
Parution du texte remanié d’une conférence donnée à Amsterdam le 16 juin 2018. Par où commencer ? La chambre de Proust, tout comme celle de Joë Bousquet, pourrait faire office de point de départ à ma rêverie, à mon rêve éveillé. Dans la Recherche, les chambres du Narrateur jouent un rôle essentiel. Ainsi, la chambre de… Lire la suite « Veilleurs de toutes les nuits du monde », Marcel Proust Aujourd’hui n° 16.
Un feu au coeur du vent (anthologie de la poésie indienne)
Le continent poétique indien, fort peu connu, ne s’appréhende guère que par le biais de l’anthologie. Celle de Salman Rushdie et d’Elizabeth West pour la prose moderne (The Vintage Book of Indian Writing, 1997) mériterait peut-être, à ce titre, d’être traduite en français. Pour ce qui est de la poésie, on dispose désormais en France… Lire la suite Un feu au coeur du vent (anthologie de la poésie indienne)
Pourquoi Albarracin
On peut envier Laurent Albarracin. Il a su trouver le bonheur dans l’expression. Son dernier livre, Pourquoi ? suivi de Natation, rassemble d’heureuses formulations, autant de questions qui ne souffrent pas de réponse. L’énigme éclose de la rose, celle pas moins limpide de la nage. Natare piscem doces. L’art d’apprendre à nager aux poissons. Ponge, oui.… Lire la suite Pourquoi Albarracin
Agir non Agir & La Sauvagerie
Deux ouvrages paraissent en même temps chez José Corti, qui tâchent conjointement d’envisager le fait poétique contemporain. Dans son urgence, dans son impossibilité. « Tout le monde sait maintenant ce qui se trame sur Terre, et ceux qui ne le savent pas écouteront un poète moins que quiconque. » Agir non agir, La Sauvagerie. Ce sont des… Lire la suite Agir non Agir & La Sauvagerie
Le Grand Meaulnes (Pléiade)
La Bibliothèque de la Pléiade accorde au Grand Meaulnes un volume de l’épaisseur des albums annuellement édités dans cette collection. L’ouvrage comporte, en plus du roman, quelques esquisses ainsi qu’un important choix de lettres. On ne trouvera pas les poèmes de Miracles, ni les articles d’Alain-Fournier consacrés aux auteurs de son temps dans L’Intransigeant. L’accent… Lire la suite Le Grand Meaulnes (Pléiade)
Torture et oubli
L’Historien a beau jeu de nous répéter qu’il est crucial de se souvenir. Cette injonction est structurellement vouée à rester lettre morte. Le récit, toute forme de récit, est désormais à bout de course. Dieu radote, on le sait. À quoi bon se souvenir ? Et se souvenir de quoi, au juste ? D’aucuns préfèrent parler des… Lire la suite Torture et oubli
Blake, Bataille, Borges : « burning bright », brûle et brille
On ne connaît à ce jour que vingt-six exemplaires de l’édition originale des Songs of Innocence and Experience (1794) de William Blake. Sans doute n’en existe-t-il pas davantage, sans doute que le poète graveur en avait voulu ainsi. C’est un livre illustré, qui a tout l’allure d’un livre pour enfants, aux enluminures étranges, entièrement composé… Lire la suite Blake, Bataille, Borges : « burning bright », brûle et brille
Gerard Manley Hopkins : la richesse cataclysmique du rythme
(Gerard Manley Hopkins, 1888) A-t-on lu Gerard Manley Hopkins (1844-1889)? On situe traditionnellement Hopkins, par commodité chronologique, dans l’ère victorienne. Or, sa grammaire poétique déborde largement cette période. La découverte — un éblouissement — de ce poète combien singulier date de 1918, année de la publication de ses Poems, par les bons soins de son… Lire la suite Gerard Manley Hopkins : la richesse cataclysmique du rythme
Robert-Edward Hart, Le Cycle de Pierre Flandre
Il faut que la douleur danse sans fin sa ronde Et que nous la suivions jusqu’au bord de la tombe, Poursuivants poursuivis. Mais parfois quelqu’un tombe Et quelqu’un d’autre sort, en pleurant, de la ronde. (Robert-Edward Hart, Le Cycle de Pierre Flandre. Respiration de la vie, Port-Louis, Île Maurice, 1932)
François Leperlier : la poésie à l’estomac
Cela débute avec le souvenir des lectures d’enfance. Beaucoup de livres de poésie. Leperlier est né en 1949. On peut dire qu’il a eu cette chance. Il s’en rend bien compte aujourd’hui : « J’ai échappé aux nullités de la poésie pour la jeunesse triée par les pédagogues patentés, dont on enniaise aujourd’hui les écoliers avant de… Lire la suite François Leperlier : la poésie à l’estomac
114 j’aime Jude Stéfan qui ne seront finalement que 27 environ
J’aime l’allure de certains poèmes de Jude Stéfan, déterminés raides tendus depuis le dedans, trouvant leur détermination, faisant de vertige nécessité, dans une manière maniérée de hantise toujours du dehors, une réminiscence — l’obstination du lichen — souvenir impérieux qui s’enracine mais dans quoi? dans l’impensable, peut-être, dans un grand rêve de chair bordé de… Lire la suite 114 j’aime Jude Stéfan qui ne seront finalement que 27 environ
De Meaulnes en Faulkner
Le comté apocryphe du Yoknapatawpha n’a rien à voir avec la Sainte-Agathe d’Alain-Fournier. J’ai cependant le sentiment qu’il est un passage d’un lieu à l’autre, un sentier de traverse de Meaulnes en Faulkner que je vais tâcher d’emprunter ici. L’apparition d’Augustin Meaulnes au début du roman d’Alain-Fournier, la fugue pour le domaine mystérieux, le… Lire la suite De Meaulnes en Faulkner
Rimbaud cimarrón
Un homme posté à la barrière d’une terrasse, en retrait, à gauche sur la photo très piquée. Il semble vouloir s’échapper du cadre, disparaître. « Je m’évade !... Je m’explique. » Il ne s’agit pas d’expliquer Arthur Rimbaud selon cet horizon, mais le mythe est cependant tenace. De Rimbaud l’Africain, de Rimbaud au Harar se… Lire la suite Rimbaud cimarrón
La causalité enfouie du langage : Joë Bousquet lecteur de Raymond Roussel
Une des grandes idées de Bousquet consiste à « manifester la causalité qui est enfouie dans le langage ». Pour cela, tous les moyens sont bons, de Paulhan à Roussel, en passant par Scot Erigène, Raymond Lulle ainsi que par l’opium. Article en cours.
Le Guépard à Strasbourg
À l’occasion de la parution du numéro de la revue Europe consacré à Giuseppe Tomasi di Lampedusa : conversation entre Pascal Dethurens, Emanuele Cutinelli-Rendina, Maria Maruggi et Mathieu Jung à la Librairie Kléber (Strasbourg), samedi, 2 mars, à 16 heures. sommaire de la revue Auteur fétiche de la littérature moderne tant en Italie que… Lire la suite Le Guépard à Strasbourg
projet Hermann
L'Oncle Jules est à bord de la Djemnah, dans la nuit du 28 au 29 octobre 1911. Il est parti pour Maurice. Il a décidé de dormir sur la dunette du navire et il rêve au Grand Océan sous les étoiles.
Lovecraft et le Grand Océan
7 décembre 2018 Conférence Omezis / La Lézarde Lovecraft et le Grand Océan au Local, à Strasbourg, 20 heures Il est des folies solaires, des folies lunaires. Ce qu’on va voir, c’est qu’il existe aussi bien des folies issues des profondeurs et de l’océan. « La folie venue de la mer », pour reprendre les termes d’Howard… Lire la suite Lovecraft et le Grand Océan
Le chien de Seelig
« Il avançait, indifférent, sans se soucier du chemin, tantôt en montée, tantôt en descente. Il n’éprouvait aucune fatigue, la seule chose qu’il trouvait désagréable par moments, c’était de ne pouvoir marcher sur la tête. » (Lenz) « Mais lui-même est déjà l’âme du monde. » (Kurt Münzer au sujet de Robert Walser) Des… Lire la suite Le chien de Seelig
Pound/Rimbaud in progress
« Wearing out my shoes, 8th day. » C’est ainsi qu’Ezra Pound traduit le premier vers d’ « Au Cabaret-Vert ». Pound a aussi traduit trois autres poèmes de Rimbaud, qui ont d’abord paru dans la revue Edge en 1956. Il faut croire que c’est une affaire sérieuse : Pound, alors enfermé à Saint-Elizabeth (Washington), publie un Rimbaud à Milan l’année… Lire la suite Pound/Rimbaud in progress
projet Malcolm
(© Bernard Violet) Il y a cette photographie passablement géniale d’un homme qui marche sur la plage. Il est en complet noir et porte un chapeau de feutre. Il marche sur le sable, dos au soleil. C’est Malcolm de Chazal. Il est largement incompris, son pas est alerte, il a déjà écrit ses plus… Lire la suite projet Malcolm