Note à Benêts : le texte qui suit n'est pas de moi. Je ne fais que le relayer. Puisse-t-il résonner aussi fort que possible. [Consulter et signer la Tribune ici] La fin de l’année 2023 a signé le glissement du second mandat d’Emmanuel Macron, un président auto-désigné comme « ni de droite, ni de gauche… Lire la suite Tribune contre la nomination de Sylvain Tesson comme parrain du Printemps des poètes
Catégorie : Non classé
À travers le Volcan (épisode premier, suite)
Climats, paysages, inscape (au bord du Volcan, 2) La partie qui précède [voir ici] est quelque peu confuse. Je ne cherche pas à m’en excuser. Celle-ci le sera tout autant. Davantage peut-être. Question de méthode : mon approche consiste à prendre le texte bêtement. Non pas ligne à ligne, je n’en aurais ni la force ni… Lire la suite À travers le Volcan (épisode premier, suite)
L.A. Woman sur France Inter
L.A. Woman dans la belle émission de Matthieu Conquet, "Et je remets le son" (à partir de 27 minutes 15).
« A Day in the Life » (écoute-lecture hétérodoxe hallucinée des Beatles à travers Joyce et lecture-écoute non moins hallucinogène hétérodoxe de Joyce à travers les Beatles)
https://www.youtube.com/watch?v=usNsCeOV4GM « La vie, c’est beaucoup de jours. »(Ulysse) « Un jour les Beatles seront plus célèbres que James Joyce. »(John Lennon, propos réputé apocryphe) "… he got the charm of his optical life when he foundhimself (hic sunt lennones!) at pointblank range…"(FW 179. 1-2) [… il avait le charme de sa vie optique lorsqu’il se trouva (ici Lennon !)… Lire la suite « A Day in the Life » (écoute-lecture hétérodoxe hallucinée des Beatles à travers Joyce et lecture-écoute non moins hallucinogène hétérodoxe de Joyce à travers les Beatles)
Un dimanche après-midi au musée
L.A. Woman sur Le Bel de Mai
Frédéric Perrot a lu L.A. Woman, et a réécouté l'album pour l'occasion. Un grand merci à lui. "Et bien sûr, à peine le livre refermé, preuve de sa réussite, le premier mouvement de tout lecteur un brin mélomane sera de réécouter aussitôt, en sirotant peut-être un verre de whisky, ce grand album de rock qu’est… Lire la suite L.A. Woman sur Le Bel de Mai
Pour une éthique de la lecture : Gracq lecteur de Breton (rêverie pro domo, 2)
pour surmonter l’angoisse d’aujourd’hui et nous rouvrir aux "neiges de demain" J’ai lu André Breton et sa malle d’aurores comme un plaidoyer de son auteur pour une « rêverie pro domo » (voir ici). C’était réduire le livre de Joël Cornuault à pas grand-chose. Car cette Malle d’aurores voyage résolument très loin, et nous avec. Ma notule… Lire la suite Pour une éthique de la lecture : Gracq lecteur de Breton (rêverie pro domo, 2)
« Jacques a dit… » (frayer avec Joyce)
James Joyce ou l’écriture matricide. Sous ce titre un peu rébarbatif peut-être, on lira un livre de Jacques Trilling, dont j’estime qu’il est, de tous les livres consacrés à Joyce, l’un des plus beaux. Je n’ai, bien entendu, pas lu tous les livres traitant de Joyce, personne ne le peut. Mais il se trouve que… Lire la suite « Jacques a dit… » (frayer avec Joyce)
Le matin après les années 60
pour Gaël J’ai découvert Joan Didion pour des raisons personnelles, avec son Année de la pensée magique, qui est un très beau livre sur le deuil (on rencontre certaines œuvres uniquement pour des raisons qui ne relèvent que de soi). On m’avait alors offert ce livre. Je l’ai offert à mon tour. Pour sûr qu’il… Lire la suite Le matin après les années 60
Penser les Stooges avec Adorno (Michael S. Begnal)
Bien sûr que la notion de rock critic est une mauvaise notion. J’ai déjà évoqué la question ici, arguant du fait que le rock est un objet sinon réfractaire, à tout le moins débordant, ne souffrant que difficilement la synthèse, le passage au théorique. Le rock est, par ailleurs, un produit incontestable de cette « Kulturindustrie »… Lire la suite Penser les Stooges avec Adorno (Michael S. Begnal)
Ike et la vache (note liminaire)
William Faulkner, université de Virginie (1958) Par où que l’on aborde l’œuvre baroque et sauvage de Faulkner, on ne peut que se résoudre à admettre sa foncière perversité. Celle-ci est servie par une écriture exigeante sinon ardue, mais certains romans (Pylône, par exemple, ou, formellement plus audacieux, Tandis que j’agonise) ne fonctionnent pas sur le… Lire la suite Ike et la vache (note liminaire)
Per Goliarda (Désir et rébellion)
La trajectoire, peut-être davantage que l’œuvre de Goliarda Sapienza (1924-1996) nous touche. Encore que, bien sûr, surtout dans le cas de Goliarda, écriture et cheminement à travers l’existence soient indissociables. On sait gré à Arte de diffuser ces jours-ci un documentaire [voir ici] consacré à l’auteure sicilienne (Désir et rébellion. L’art de la joie, Coralie… Lire la suite Per Goliarda (Désir et rébellion)
Lettre à Pierre Vinclair concernant La Poésie française de Singapour de Claire Tching
Cher Pierre, C’est pour moi une très grande joie de recevoir La Poésie française de Singapour, le beau petit livre de Claire. Je trouve Claire toujours aussi talentueuse. Je suis ses travaux d’assez près depuis quelques années maintenant, notamment dans Catastrophes — et il faudrait que je relise ton Bumboat, où Claire a, je… Lire la suite Lettre à Pierre Vinclair concernant La Poésie française de Singapour de Claire Tching
Pour commencer d’en finir avec Francis Ponge
Miroirs du poème La poésie est une parole consciente d’elle-même. C’est là un truisme fort répandu qu’un poète comme Francis Ponge a exploité de manière systématique, notamment et c’est presque caricatural dans ce poème très court, ce texte plutôt, intitulé « Fable ». Par le mot par commence donc ce texteDont la première ligne dit la vérité,Mais… Lire la suite Pour commencer d’en finir avec Francis Ponge
AHON ! AHON ! (notes sur Marcel Moreau, 4)
J’ensevelis les morts dans mon ventre. Cris, tambour, danse, danse, danse, danse !Je ne vois même pas l’heure où, les blancs débarquant,je tomberai au néant. Faim, soif, cris, danse, danse, danse, danse !(Rimbaud) À dos de Dieu ou l’Ordure lyrique, initialement publié chez Luneau Ascot en 1980, a reparu chez Quidam en 2018. Il s’agit… Lire la suite AHON ! AHON ! (notes sur Marcel Moreau, 4)
Shane MacGowan (1957-2023) : « … funeral fare or fun fain real … » (Finnegans Wake (83.22))
C’est une photo en noir et blanc, derrière un crucifix. Elle montre le chanteur des Pogues, clope et verre de vin à la main, exposée sur le cercueil, donc, de Shane MacGowan. On aperçoit des instruments de musique, beaucoup d’instruments de musique. Et, de fait, ce vendredi 8 décembre, jour de l’Immaculée Conception, on rendra… Lire la suite Shane MacGowan (1957-2023) : « … funeral fare or fun fain real … » (Finnegans Wake (83.22))
L.A. Woman (collection Discogonie, éditions Densité)
Parution de L.A. Woman, dans la belle collection Discogonie des éditions Densité. 10 x 18 cm, 144 p. broché, couverture à rabats 2 couleurs, 12 € (ISBN 9782919296415). On se procurera l'ouvrage auprès d'un libraire, non auprès d'Amazon ou de quelque autre plateforme commerciale. L.A. Woman (1971) passe pour un opus testamentaire où l’on perçoit volontiers… Lire la suite L.A. Woman (collection Discogonie, éditions Densité)
Bleu de Prusse (Benjamín Labatut)
(résidus de bleu de Prusse aux parois d’une chambre à gaz, camp de concentration de Majdanek, source Wikipedia) L’écrivain chilien Benjamín Labatut signe, avec Lumières aveugles (Un Verdor Terrible, 2020), un livre où science et savoir servent de moteurs à l'écriture. Il m’a été donné de le lire d’une seule traite dans sa traduction anglaise,… Lire la suite Bleu de Prusse (Benjamín Labatut)
Corps du rock
« L’anatomie d’abord. »(Antonin Artaud, Cahiers du retour à Paris, OC XXII) Ne cherchons pas plus loin. Datée de 1967, cette photographie de Joel Brodsky plie le match de manière incontestable. Elle fait partie de la série dite du « Young Lion », du jeune lion qu’était alors Jim Morrison (il deviendrait, à peine trois ans plus tard, l’incroyable… Lire la suite Corps du rock
Ainsi parlait JJ sur La Cause Littéraire
"... Et pour réponse temporaire, j’ai pris dans cet ouvrage la double somme de langage girante dans le ciel de la littérature." Didier Ayres lit Ainsi parlait James Joyce pour La Cause Littéraire. Article à lire en entier ici.
Ainsi parlait JJ en Bretagne
"Auteur d’Ulysse, une des œuvres majeures du 20ème siècle, l’Irlandais James Joyce (1882-1941) ne se laisse pas facilement appréhender. Un livre nous permet aujourd’hui de saisir les différentes facettes d’un écrivain souvent déroutant qui fuyait son pays sans jamais le quitter." (article de Pierre Tanguy sur le site Bretagne actuelle, à lire en entier ici).
Joe Bousquet (revue Europe)
Important dossier de la revue Europe consacré à Joe Bousquet. Contributions de Jean Gabriel Cosculluela (qui a dirigé le dossier), Alain Freixe, Paul Giro, Claire Paulhan, Joël Vernet, Aragon, Claude Le Manchec, Alexis Buffet, Joe Bousquet, Édith de La Héronnière, Thierry Gillybœuf, Stéphane Massonet, Serge Bonnery, Jean-Luc Bayard, Jean-Louis Clarac, Frédéric-Yves Jeannet, Mathieu Jung, Bernard… Lire la suite Joe Bousquet (revue Europe)
Rimbaud, Verlaine et Cie
Hommage à Yann Frémy (1972-2021). Voir sur le site de l'éditeur.
Ivar kaléidoscope
RêveDans la nuit du 28 au 29 décembre 2011, Ivar Ch’Vavar fait un rêve qu’il situe à Buenos Aires, dont voici un extrait du récit qu’il en livre : « Cette ruine est prise dans une matière transparente (ou une sorte d’échafaudage transparent ?) qui la protège et, en quelque sorte, la rend pérenne. L’effet est grandiose,… Lire la suite Ivar kaléidoscope
Paraboles (Boris Wolowiec)
Explosé-fixe À la faveur d’une expérience intérieure engagée avec quelques maîtres-livres déjà parus, dont Avec l’Enfant (2018), mais dans une veine assez différente, Boris Wolowiec jette au monde un être qui, s’il semble assez proche du Plume d’Henri Michaux — dimension parabolique oblige —, évolue dans la zone grise de l’Innommable beckettien, encore que le… Lire la suite Paraboles (Boris Wolowiec)
Le livre des poèmes express (Lucien Suel)
Lucien Suel est, entre mille autres choses, le traducteur, à la Table Ronde, du Livre des esquisses de Jack Kerouac. Et, oui, rien qu'au titre, Le livre des poèmes express fait résolument signe à Kerouac — Book of Dreams, ou encore Book of Haikus. C’est un peu une somme également. Un pagineux fort volume. Beau… Lire la suite Le livre des poèmes express (Lucien Suel)
Ainsi parlait JJ par Marc Wetzel
Avec ce petit livre, on entre dans l’âme de Joyce, comme on entre, par ailleurs, dans son œuvre : avec peur et fascination (envers ce pur dépasseur de condition humaine), embarras et admiration (un Mallarmé célinien), jubilation et dégoût (comme on rirait très fort et vomirait très fort devant un cocuage incestueux). Mathieu Jung a privilégié,… Lire la suite Ainsi parlait JJ par Marc Wetzel
Le Vent dans les arbres, encore (en vue d’un travail plus grand)
L’énonciation combien sereine de Jean-Pierre Le Goff intranquillise le monde. Cette mise en crise est aussi bien une quête möbienne de la chose. Ainsi, exemplairement, l’hélice dont la « demi-torsion est l’embryon, l’esquisse de l’anneau de Mœbius ». Cheminer avec Le Goff à la surface c’est avoir l’illusion qu’il existe un espace réellement praticable, où l’on… Lire la suite Le Vent dans les arbres, encore (en vue d’un travail plus grand)
Retravailler Camus (Olivier Gloag)
pour Fred https://www.youtube.com/watch?v=wQ-Gp6XOE7A Camus jouit d’une immense popularité. Une raison à cela pourrait être que son œuvre, de même que celle de Sartre ou encore celle de Proust, a bénéficié de l’avènement commercial du livre de poche au début des années 50, au grand détriment d’une certaine « aristocratie des lecteurs ». Dans le cas de Proust, le… Lire la suite Retravailler Camus (Olivier Gloag)
Ainsi parlait James Joyce
L’œuvre de James Joyce est intimidante. Ulysse nous domine et nous écrase, pour ne rien dire de Finnegans Wake. Joyce tire en effet son prestige de la difficulté inhérente à son écriture. Lui-même souhaitait occuper les universitaires pour les siècles à venir. À en juger par les innombrables publications à son sujet, plus de cent… Lire la suite Ainsi parlait James Joyce
« Oldboy », les yeux fermés (notes sur Dylan Dog)
pour Yannela « On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux. »(Pierre Reverdy) S’ouvre ici une série de notes consacrées à Dylan Dog, bande dessinée extrêmement populaire en Italie. Des notes, non des articles, qui témoignent de l’extraordinaire vision qui anime les aventures de cet « enquêteur en cauchemars ». Tributaires de ma… Lire la suite « Oldboy », les yeux fermés (notes sur Dylan Dog)
Le plus court chemin (en vue d’un travail plus grand)
pour Réha (gouache de Malcolm de Chazal) Le plus court cheminDe nous-mêmesÀ nous-mêmesEst l’univers Cette formule de Malcolm de Chazal que l’on trouve dans Sens magique a tout pour fasciner. Si elle semble faire signe à la pensée de Paul Ricœur, à un de ses mots les plus célèbres (« Le plus court chemin de soi… Lire la suite Le plus court chemin (en vue d’un travail plus grand)
La revue Europe a 100 ans
Cet important numéro hors-série de la revue Europe regroupe les actes d'un colloque qui s'est tenu à l'ENS du 26 au 28 janvier 2023 : "Europe : une politique de la littérature (1923-2023)". Nul n'est besoin de rappeler l'aura et le prestige de cette revue à portée internationale. "Les revues sont à l'avant-garde de l'hospitalité… Lire la suite La revue Europe a 100 ans
Rêverie pro domo
André Breton serait dogmatique. Aussi prend-on souvent le parti, à une époque relativiste et presque sans pensée, où au fond tous les partis s’annulent et se valent — le voilà, le dogme — de négliger Breton, de le bouder. On le voue aux gémonies, et combien rapidement. On se guérira de ce travers, mais sans… Lire la suite Rêverie pro domo
Chemins de Dante, 3 : « tra feltro e feltro » selon Barbara Reynolds
per Edoardo Parmi les nombreuses énigmes contenues dans la Divine Comédie, il y a celle du « veltro ». Nous sommes la nuit du 7 au 8 avril de l’an 1300. Dante vient de rencontrer Virgile et ce dernier lui parle de cette louve insatiable, qui fait trembler à Dante le sang dans les veines. Virgile évoque… Lire la suite Chemins de Dante, 3 : « tra feltro e feltro » selon Barbara Reynolds
Rétromania : lenteurs et précipités pop
Time: the pressant.(Finnegans Wake (221.17)) Avec son important travail sur le post-punk, Simon Reynolds s’était résolument tourné vers l’avenir fécond du « no future » (cf. Rip It Up and Start Again, 2005). Voici que le mouvement s’inverse : Reynolds s’intéresse au tropisme rétro dans la pop des années 2000-2010. Retromania (2011) envisage la Kulturindustrie non nécessairement comme… Lire la suite Rétromania : lenteurs et précipités pop
Roche volcanique
« Je crois en un rythme absolu qui en poésie corresponde exactement à l’émotion ou au degré d’émotion à exprimer. Le rythme d’un homme doit être interprétatif, c’est-à-dire qu’il sera en fin de compte son propre rythme inimitable et qui n’imite rien. » (Ezra Pound, traduit par Denis Roche) « Désormais il nous faudra travailler sans citations » (Lénine… Lire la suite Roche volcanique
VU par Massimo Palma
https://www.youtube.com/watch?v=Yjgj2YCRBh4&t=435s Que pouvait-on encore trouver à dire du mythique premier album du Velvet Underground, celui à la banane ? Certains morceaux ont irrémédiablement glissé, misérable consécration, dans le domaine de la pop, de la FM. On peut y voir une illustration, énième, de la manière dont l’objet culturel est voué à perdre son tranchant, à s’émousser… Lire la suite VU par Massimo Palma
Le Goff et la fleur d’azalée (notes en vue d’un travail plus grand)
« Un jour, par une après-midi très pure, je marchais quand, face à un bosquet d'azalées, je vis pour la première fois une fleur d'azalée me regarder. C'était la fée. Sens-Plastique était né ». (Malcolm de Chazal) Une veine chazalienne traverse le paysage poétique contemporain. Des œuvres aussi diverses que celles de Laurent Albarracin, de Joël Cornuault… Lire la suite Le Goff et la fleur d’azalée (notes en vue d’un travail plus grand)
En lisant en rêvant
Avec En lisant en rêvant, Joël Cornuault signe un ouvrage qui, dès le titre, fait ouvertement signe à Julien Gracq (dont les éditions José Corti viennent de faire paraître Nœuds de vie). L’auteur d’En lisant en écrivant est effectivement bien présent dans cet élégant petit livre. Mais Cornuault ne se contente pas de Gracq, puisqu’on… Lire la suite En lisant en rêvant
ALP (196. 1-15) en italien, en espagnol du Mexique, en grec ancien et en bangla
On peut lire ici quatre nouvelles adaptations d'ALP (196. 1-15). Antonio Marvasi procure une traduction en italien (après celle de Joyce lui-même...), Elias Levi Toledo a traduit ce passage en espagnol du Mexique, Xavier Lafontaine propose une traduction en grec ancien et Sujaan Mukherjhee a quant à lui traduit le passage en bangla, on peut… Lire la suite ALP (196. 1-15) en italien, en espagnol du Mexique, en grec ancien et en bangla
Actualité de Gerard Manley Hopkins
« Paraître l’étranger, tel est mon lot, ma vie ». Ce vers de Gerard Manley Hopkins (1844-1889) semble résumer son destin. Poète non publié de son vivant, inconnu sauf de quelques-uns et soumis, en tant que jésuite, à la discipline et à la censure de son ordre, tout l’empêchait de partager ses dons intellectuels uniques avec les… Lire la suite Actualité de Gerard Manley Hopkins
Lucia Joyce: to Dance in the Wake (La Danse de nuit)
Even he, Joyce, had love Even blind poets (Jack Kerouac) Lucia Joyce: to Dance in the Wake. Pour tout ce qu’il a d’intraduisible et de beau, le titre du livre de Carol Loeb Shloss mérite que l’on s’y arrête. Littéralement, la vie de Lucia Joyce, dans le sillage (wake) de son père illustre, James Joyce.… Lire la suite Lucia Joyce: to Dance in the Wake (La Danse de nuit)
Un petit zibaldone sous le signe de Hölderlin
Pascal Boulanger fait paraître aux éditions Tinbad une sélection de remarques consignées dans ses carnets de 2019 à 2022. Impressions ou notes de lectures, ces méditations sont placées sous l’égide de Hölderlin. Et il importe que ces fragments soient non datés ; ils font signe au génie double et unique du poète allemand. « Dans les poèmes… Lire la suite Un petit zibaldone sous le signe de Hölderlin
8 phrases pour Malcolm de Chazal en vue d’un travail plus grand
1/ La fleur d’azalée qui un jour regarda Malcolm de Chazal et qu’il regarda en retour fut pour lui comme ce premier caillou sur lequel trébucha le Facteur Cheval. 2/ Malcolm de Chazal, poète brut ou sauvage, libre comme personne, irremplaçable comme le sont les fous les plus purs, Malcolm (on nomme les très grands… Lire la suite 8 phrases pour Malcolm de Chazal en vue d’un travail plus grand
Jean-Michel Rabaté : taon mieux !
Jean-Michel Rabaté invite les anglo-saxons à la lecture de Jacques Lacan, mais, depuis quelques ouvrages maintenant, il revient à la langue française pour proposer une lecture de Jacques Lacan selon des angles successifs [voir ici, dans une perspective joycienne]. Avec ce nouvel ouvrage consacré à Lacan, la notion d’irritation permet de faire se croiser, sinon… Lire la suite Jean-Michel Rabaté : taon mieux !
L’équinoxe, puis le solstice
Depuis quelque temps, on ne piétine plus du même pas dans les rues. On se plaignait de ce que ces manifestations répétées — le grand manège des cortèges syndicaux — n’avaient de portée que symbolique, et encore. La grogne traditionnelle du peuple de France. L’inoffensif « carré de grève sur fond de grève » (Philippe Muray). Or,… Lire la suite L’équinoxe, puis le solstice
L’éternel retour du mème
https://www.youtube.com/watch?v=bPfn01Ndc1g (Je ne suis pas un grand amateur du format TEDX, mais mon admiration pour Ganson me fait faire une exception en citant ici ce programme...) « It’s like doing visual puns all the time ... » ; « Cela revient à faire tout le temps des rébus ... » C’est ainsi que l’artiste cinétique Arthur Ganson explique sa démarche lorsqu’il… Lire la suite L’éternel retour du mème
Joyeuses golosités de Dubost
Jean-Pascal Dubost fait paraître La Pandémiade, une série de stances médiévesques, lesquelles portent sur le quotidien, un quotidien il est vrai particulier, assavoir, celui qui s’est étendu en flaque horrifique du 17 mars 2020 à, grosso modo, octobre 2021 (pas sûr qu’on en soit absolument sorti). Dans un entretien [voir ici] qu’il donne à La… Lire la suite Joyeuses golosités de Dubost
Idées arrachées (Pierre Vinclair) : la poésie comme expérience
Produisant un article consacré aux Idées arrachées de Pierre Vinclair, tâchant d’énoncer ce que je perçois dans ce livre, je commente Vinclair commentant, par exemple, Laurent Albarracin commentant Jean-Paul-Michel ou Alice Massénat. Bon. Surglose éperdue, sinon entreglose oiseuse. Très bien. Mais ce n’est au fond pas de cela dont il est question, puisque le travail… Lire la suite Idées arrachées (Pierre Vinclair) : la poésie comme expérience
Le coup du parapluie (Nietzsche, Joyce, Derrida)
Il y a cette phrase curieuse à la fin de Giacomo Joyce, texte posthume (1968) et singulier : « Envoy: Love me, love my umbrella. » Composé lors du séjour de Joyce à Trieste, vraisemblablement achevé lors de l’été 1914, le poème en prose Giacomo Joyce comprend une allusion directe à Ulysse, roman où l'on trouvera de nombreux… Lire la suite Le coup du parapluie (Nietzsche, Joyce, Derrida)
Gravir, embraser (Jacques Dupin)
Jacques Dupin, par Francis Bacon (1971) [Amiens, musée de Picardie] Jacques Dupin, ce compagnon essentiel dans le poème, dont on a réédité dernièrement les écrits sur Giacometti, je le trouve tout entier dans ce titre pris, je crois, à Pierre Reverdy, Gravir. « La vie est une chose grave. Il faut gravir. » — ceci se trouve… Lire la suite Gravir, embraser (Jacques Dupin)
Nous vivons une grande époque de poésie (Ivar miroir du mythe)
Oui, nous vivons une grande époque de poésie. Ivar Ch’Vavar le dit et le redit à qui veut l’entendre. Acceptons cette affirmation. Recevons-la comme une bénédiction, comme une chance. Elle autorise et donne les moyens de penser le poème : Ivar se tient dans les parages critiques de sa propre parole. Son travail théorique, son… Lire la suite Nous vivons une grande époque de poésie (Ivar miroir du mythe)
Un roman inédit de Samuel Beckett
Premier volet de la trilogie romanesque de Samuel Beckett, Molloy (1951) est un diptyque dont la première partie est cédée sinon abandonnée — plutôt que consacrée — à un narrateur-personnage éponyme à l’autodiégèse subie et, de dépit, finalement assumée (« Dire que je fais mon possible pour ne pas parler de moi. Dans un instant je parlerai… Lire la suite Un roman inédit de Samuel Beckett
L’iracundia du mec bizarre
Le concert que donne pour MTV un groupe pas encore si connu que cela, Radiohead, le 4 juillet 1993, dans le cadre d’une émission intitulée The Beach House, ne constitue peut-être pas le meilleur moment de Radiohead, mais assurément une prestation de Thom Yorke parmi ses plus hantées. C’est un exorcisme aussi bien. Il était… Lire la suite L’iracundia du mec bizarre
L’île rebelle
Connaît-on, en France, la poésie britannique moderne ? Quelque chose, bien sûr, se cristallise autour de Gerard Manley Hopkins, presque exact contemporain de Mallarmé, poète exigeant qui ouvre la célèbre anthologie The Faber Book of Modern Verse dans l’édition de 1965. D’autres grands noms occupent l’espace britannique : T.S. Eliot, Ezra Pound (encore que ces deux-là soient… Lire la suite L’île rebelle
Albarracin agent trouble
« Toute pensée émet un shifumi. »(Mallarmé) Les 111 haikus — trois fois le chiffre 1 — de Plein vent parus chez Pierre Mainard en 2017 avaient déjà un caractère joueur et astucieux, comme en témoigne par exemple la main des cinq sens, à laquelle s’ajoutait un doigt d’oracle, un sixième sens tout à côté de l’auriculaire :L’oraculaireest… Lire la suite Albarracin agent trouble
Eugène Durif, Maman chat
(Lucia Joyce, Through a glass, darkly) Lucia Joyce n’a pas fini de nous hanter ou de nous fasciner, comme en témoigne le Lucia d’Alex Pheby (2018, qu’attend-on pour le traduire ?) ou encore Jerusalem d’Alan Moore. Je suis toujours très sceptique quand il est question de produits dérivés de la vie des auteurs, a fortiori de… Lire la suite Eugène Durif, Maman chat
Les Stooges, les forces du Mal et Lester Bangs
pour Hugues https://www.youtube.com/watch?v=1OedEgzDl_I Fun House serait un album déprimant, difficile d’accès. Pas sûr en effet de trouver plus brutal ou sauvage que ces trente-six minutes et quarante secondes tendues à mort qui n’offrent à vrai dire que très peu de répit. Et puis, il faut écouter très fort, sinon on perd l’essentiel. Peut-être que lors… Lire la suite Les Stooges, les forces du Mal et Lester Bangs
Proust, Joyce & le babifoute
Le volume d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs obstruait idéalement la cage du babifoute. C’est au fond un usage très hétérodoxe de Proust, qui consiste à faire que l’on puisse repêcher la balle à l’envi. Du Côté de chez Swann, là encore en « Folio », obstruait la cage adverse. Les parties de babi duraient ainsi… Lire la suite Proust, Joyce & le babifoute
La fressure (notes sur Marcel Moreau, 3)
en remerciant Jonathan Pollock Si on ne devait retenir qu’un seul ouvrage dans le corpus combien vaste de Marcel Moreau – une petite cinquantaine de titres – ce serait sans doute La vie de Jéju, telle que parue chez Actes Sud en 1998 : un volume de 347 pages, une petite brique de tourbe qui permet… Lire la suite La fressure (notes sur Marcel Moreau, 3)
La pensée qui fait pschitt
« Il n’y a plus que l’air et le vide, puis soi dans l’air et le vide. » (Michel Onfray) Paru en 2018, après Nager avec les piranhas et Le Désir ultramarin. Les Marquises après les Marquises (2017), La Pensée qui prend feu. Artaud le Tarahumara est le troisième épisode des vacances de Monsieur Onfray : « Artaud… Lire la suite La pensée qui fait pschitt
Journal de neiges (Jean-Pierre Le Goff)
Jean-Pierre Le Goff (1942-2012), poète discret dans les parages surréalistes, donne à lire des notes relatives à la neige. Cela s’étend sur quatre hivers : 1978 à 1981. Cela est modeste : quelques pages à peine, un peu comme neige au soleil. Initialement parue en 1983 aux éditions du Hasard d’être, la petite plaquette du Journal de… Lire la suite Journal de neiges (Jean-Pierre Le Goff)
Craductions
Le latin, cette langue morte employée à des fins ornementales dans le discours qui se veut docte ou sachant, cette langue figée dans la mort, pieusement conservée dans les pages roses du Larousse (dans les « pages rousses du petit Larose », dixit Prévert) faisait l’objet des Pages rosses de Bruno Fern, Typhaine Garnier et Christian Prigent… Lire la suite Craductions
Prevel & Artaud : dans le poème et la maladie
« Les choses, cher Monsieur, sont le consortium de salauds qui veulent se venger à tout prix de tout ce qui est revendication. » (Artaud à Prevel, 6 avril 1946) On doit à Jacques Prevel (1915-1951) un précieux témoignage consacré à Antonin Artaud. Initialement paru en 1974, En Compagnie d’Antonin Artaud a été réédité en 1993 chez… Lire la suite Prevel & Artaud : dans le poème et la maladie
Un peu de soupe sur les Tournesols
Que l’on se rassure, il y avait bel et bien une épaisseur de verre entre les Tournesols et la profanation perpétrée par la jeunesse écologiste à Londres, ce vendredi 14 octobre 2022. Pour une fois que quelque chose se passe au musée. Un coup de produit pour les vitres, et il n’y paraîtra plus rien.… Lire la suite Un peu de soupe sur les Tournesols
Proust et ses hétérodoxes
« Mais on est dans une démocratie périmée, est-ce que ça nous empêche de vivre ? » (Ultra-Proust) Comme le disait Jean Ferry au sujet de Raymond Roussel, il convient avant tout de lire Proust. De surtout ne pas le prêter. Car on ne nous le rendrait pas en bon état. Et, c’est admis, mais il est quelquefois… Lire la suite Proust et ses hétérodoxes
Notes sur la mort de l’image
« Dans le cercle vertigineux de l’éternel retour, l’image meurt immédiatement. » (Dino Campana) J’ai dit beaucoup de mal du Blonde d’Andrew Dominik. Ce n’est pas tellement ce film qu’il convenait de mettre en critique que les conditions de son émergence et l’abasourdissement du spectateur d’aujourd’hui. Dernièrement, Libération faisait paraître une tribune alarmiste sur l’état actuel du… Lire la suite Notes sur la mort de l’image
Cingria, Perec et le pourrissement des sociétés
Cingria ! Un auteur qu’on lit fort peu, dont l’œuvre est devenue difficile à trouver. Pierre Michon parle pourtant de lui dans Trois auteurs (1997), ouvrage qui regroupe Faulkner, Flaubert et, donc, le très méconnu Charles-Albert Cingria ― c’est par Michon que j’ai eu vent pour la première fois de cet auteur. Bernard Delvaille n’hésite pas,… Lire la suite Cingria, Perec et le pourrissement des sociétés
Blonde d’Andrew Dominik : rater la vie, manquer le vivant
Voici un film maniéré, lourdement expressionniste, qu’on attendait depuis longtemps. Et il se trouve que cette attente a fait naître un peu trop de désir à l’endroit de cette adaptation du superbe roman de Joyce Carol Oates (2000) qui, lui, par le moyen de détours imaginatifs autant qu’imaginaires, touche à la vie même. Désormais, lorsqu’on… Lire la suite Blonde d’Andrew Dominik : rater la vie, manquer le vivant
Lettres de Lémurie 5
Parution de nouveaux fragments de Sogol sur la Plaine dans la très belle revue Lettres de Lémurie.
Du rock, d’Espitallier et du reste
Sans doute que le rock, le rock envisagé sous toutes ses formes, et, passant de la pop la plus triviale au punk le plus crasseux, l’éventail est des plus larges — sans doute que le rock est une affaire trop foncièrement subjective pour faire l’objet d’une synthèse théorique. On peut en effet parcourir la pourtant… Lire la suite Du rock, d’Espitallier et du reste
Volte-face, Marilyn et nous
Look where we worship. (Jim Morrison) Que pouvait-on faire, encore, de Marilyn Monroe, de son icône ? Une mythologie à la Barthes ? Ç’aurait été un peu maigre face au fort volume du Blonde de Joyce Carol Oates, « le plus grand livre de tous les temps sur Marilyn Monroe, » selon Anne Savelli. L’ouvrage a été récemment… Lire la suite Volte-face, Marilyn et nous
Roussel à rebours, comme un clown en vacances
Il y a différentes manières de passer à côté de l’œuvre de Raymond Roussel, d’ignorer la forme si particulière de son génie. C’est généralement la mort de Roussel qui sert de point de départ à ses lecteurs. Terrible constat dans Comment j’ai écrit certains de mes livres : « Et je me réfugie, faute de mieux, dans… Lire la suite Roussel à rebours, comme un clown en vacances
Raymond Roussel : merveilleux, sciences (et) fictions
La Revue des lettres modernes, 2022 – 7 Raymond Roussel : merveilleux, sciences (et) fictions sous la direction de Christophe Reig et Hermes Salceda Fondée par Michel Minard en 1954, « La Revue des Lettres modernes » est une collection de séries monographiques et thématiques consacrées aux écrivains modernes et contemporains. Voir sur le site de l'éditeur... … Lire la suite Raymond Roussel : merveilleux, sciences (et) fictions
Giacometti/Dupin
Giacometti a séduit nombre d’écrivains : ainsi Sartre, Genet, pour ne mentionner que les plus célèbres. Yves Bonnefoy consacre à l’artiste une monographie magistrale (1991). Le regard posé sur Giacometti est devenu, en soi, écrasant. Il réprime toute velléité de dire quoi que ce soit à l’endroit d’une œuvre qui, déjà, par ses propres moyens, impose… Lire la suite Giacometti/Dupin
Réisophie (et la promesse d’un triangle)
« La Réisophie est une réisophie, un point c’est tout. » Laurent Albarracin fait paraître un nouvel ouvrage, une suite à Res Rerum (Arfuyen, 2018), nous dévoilant de nouveaux aphorismes et poèmes que l’on doit au Collège de Réisophie, mouvement occulte, aussi profond, quoique plus mystérieux, que la ‘pataphysique. Les mots des Réisophes effectuent une étrange sarabande,… Lire la suite Réisophie (et la promesse d’un triangle)
Les épiphanies de Guillaume Condello
Le livre se présente comme des « chroniques ». Ce sont des chants aussi bien, au nombre de dix. On y perçoit, surtout, des notations. J’imagine Condello prendre des notes, sur des bouts de papier, des tickets de caisse, dans des carnets, sur son téléphone. D’ailleurs il s’en amuse, à l’occasion d’un poème pris à fleur de… Lire la suite Les épiphanies de Guillaume Condello
Sous d’autres formes nous reviendrons
Claro — rhabiller les morts https://www.youtube.com/watch?v=dxgUi0toEro&t=67s « Mon père, reviens, lave-nous, lèche nos corps ; les hommes et les femmes qui les pressent ne les connaissent pas, nos corps sont des vêtements qu’ils mettent sur leurs corps imparfaits. » Cela pourrait être du Claro. C’est de Guyotat.… nos corps sont des vêtements qu’ils mettent sur leurs corps imparfaits —… Lire la suite Sous d’autres formes nous reviendrons
L’encre bleu des mers du sud
Le voyage ? Non, la promenade. L’émerveillement à deux pas de chez soi. Un écart et un tracé − anagrammes, aller-retour. Les Grandes Soifs, soit une rêverie féconde à partir des mots, essentielle mantique. Et, chemin faisant par les mille sentiers de l’imaginaire, l’invention constante d’un territoire. Invention au sens de découverte : Joël Cornuault révèle les… Lire la suite L’encre bleu des mers du sud
Images avec figures absentes
pour Patrick Werly Les livres de L’Atelier contemporain se présentent généralement comme des livres d’images, dont l’iconographie, riche et bien présente, participe de l’économie, de la logique même de ces élégantes publications. Ouvrages fabriqués par un éditeur-héros, bouquins faits pour le regard, où pictura et poesis se nourrissent l’une de l’autre. Mais il arrive que… Lire la suite Images avec figures absentes
Colombey est une fête : « l’âge d’or du logos »
Quel est le lien entre Finnegans Wake et de Gaulle ? La question peut paraître saugrenue. Colombey est une fête, le premier livre d’Aurélie Chenot, nous apprend cependant qu’il existe un rapport entre James Joyce et la commune de Haute-Marne rendue célèbre par le Général, bien que l’auteur d’Ulysse ne mît jamais les pieds dans ce… Lire la suite Colombey est une fête : « l’âge d’or du logos »
02 02 2022 : centenaire de « Ulysses »
Jacques Aubert in memoriam Ulysse de Joyce a cent ans. Il y a du vertige dans la simple énonciation de cette formule : Ulysse a cent ans. Ce roman hors normes a paru en volume le 2 février 1922, grâce aux bons soins d’une éditrice vaillante sinon téméraire, Sylvia Beach, à l’enseigne Shakespeare and Company, au… Lire la suite 02 02 2022 : centenaire de « Ulysses »
Jouir de Joyce avec Rabaté
Jean-Michel Rabaté a consacré de nombreux ouvrages à James Joyce, où il prend acte aussi bien de Jacques Derrida que de Jacques Lacan. Ainsi, dans le sillage de Jacques Aubert, Rabaté contribue à façonner le Joyce français, tout comme, par exemple, John McCourt ou Enrico Terrinoni étudient le Joyce italien à la suite de Giorgio… Lire la suite Jouir de Joyce avec Rabaté
« Don’t Look Up » et la servante de Thrace
pour Stéphane Philosophos Diffusé essentiellement sur Netflix, Don’t Look Up a, comme on dit, créé l’événement de la fin de l’année 2021. C’est néanmoins dans une sorte d’atonie covidiée qu’on a reçu ce film de consommation courante, dont il est vraisemblable qu’on oubliera très vite à peu près tout. Il faudrait s’en tenir à la… Lire la suite « Don’t Look Up » et la servante de Thrace
Wendelin et les autres
Je pense souvent à Lambert Schlechter, mais sans doute ne le sait-il pas. J’ai déjà eu l’occasion, à plusieurs reprises, de dire mon admiration pour lui. Il s’est engagé dans une vaste aventure lyrique. D’un côté les neuvains, de l’autre : la prose du Murmure du monde. Voici qu’il fait paraître Wendelin et les autres (éditions… Lire la suite Wendelin et les autres
Admirer Mallarmé, le vomir
« Il est difficile aux hommes de ma génération d’apprécier en toute liberté critique l’œuvre de Mallarmé. » Ainsi s’exprime Joë Bousquet dans des notes jusqu’ici inédites qui accompagnent « Mallarmé le sorcier », article paru en 1948 dans la revue Les Lettres. Rare et précieux, cet ensemble vient de remonter à la surface chez Fata Morgana, avec un… Lire la suite Admirer Mallarmé, le vomir
Perec et le cinéma
Dirigée par Carole Aurouet, la collection « Le cinéma des poètes » (Nouvelles Éditions Place) réunit des études brèves et stimulantes consacrées à de nombreux auteurs et à leurs rapports au cinéma. Desnos, Picabia, Duchamp, Roussel, Duras ou encore Michaux ou Aragon (liste largement non exhaustive) figurent au catalogue du « Cinéma des poètes ».… Lire la suite Perec et le cinéma
Cinéma Roussel : une affaire personnelle
Érik Bullot signait déjà un article fort stimulant consacré à Raymond Roussel et à Raúl Ruiz dans le dossier Roussel de la revue Europe paru en avril 2021. Il est également l’auteur d’un Roussel et le cinéma (2020) dans « Le cinéma des poètes », la belle collection dirigée par Carole Aurouet aux Nouvelles Éditions Place (là… Lire la suite Cinéma Roussel : une affaire personnelle
Le train pour Agrigente (Sciascia, encore)
Par où qu’on l’aborde, Leonardo Sciascia séduit et stimule. Mais, quand il est question d’œuvres aussi significatives — et, pour tout dire, intimidantes et urgentes — que celle de Sciascia, on ne sait trop par quel bout commencer. On aimerait qu’il y ait chez Sciascia des catégories, comme dans la théorie de la connaissance chez… Lire la suite Le train pour Agrigente (Sciascia, encore)
« About the Author » : James Douglas Morrison, dit Jim
Les Collected Works de Jim Morrison ont été édités dans un élégant volume de près de 600 pages chez Harper aux États-Unis. Dernièrement, une traduction française de ce volumineux ouvrage a paru chez Massot (Carole Delporte traductrice). Si l’édition française suit de près l’américaine, ma préférence va à Harper, qui évite le papier glaçant qu’on… Lire la suite « About the Author » : James Douglas Morrison, dit Jim
Depuis Boris Wolowiec, et comment
Que dire d’un texte de Boris Wolowiec ? Beaucoup. Mais la vraie terrible question la voici : comment dire ce beaucoup-là ? Il faudrait le dire, pouvoir le dire, et comment ! mais comment ? Et combien comment. Et comment comment. Que dire d’un texte de BW ? Il faut bien entendre le d’. Il veut dire depuis. Que dire depuis… Lire la suite Depuis Boris Wolowiec, et comment
Palem Candillier : The Beatles
https://www.youtube.com/watch?v=r4cezzb_3Yw Les petits ouvrages admirablement maquettés et façonnés que propose la collection « Discogonie », aux Éditions Densité, sont des objets agréables. Je dirais même, des objets à collectionner. (J’en fais, pour ma part, la collection. J’en offre régulièrement.) C’est à chaque fois la même histoire, à la caisse, en librairie. Où diable est le code barre… Lire la suite Palem Candillier : The Beatles
L’homme en bout de table
https://www.youtube.com/watch?v=5ZOXVpgVYoQ L’homme en bout de table n’était pas celui de la marge. Il jouait un rôle au sein de son époque. Ses nombreux engagements démocratiques le montrent très largement. Nous sommes bien seuls désormais, autant en démocratie qu’en pensée. Il faudra apprendre à mesurer l’étendue de cette solitude. [à lire en entier sur Poezibao]
Aimer Jude Stéfan
Publication dans La Revue* (Julien Nègre éditeur) d'une version remaniée d'un texte initialement paru sur Poezibao. J’aime les fleurs chez Jude Stéfan, car elles ne sont pas seulement de rhétorique.J’aime les oiseaux chez Jude Stéfan, tsi-tsi-u u u u fait la mésange.J’aime à m’user les prunelles sur les vers de Jude Stéfan, autant d’images brisées,… Lire la suite Aimer Jude Stéfan
Orange Export Ltd. (1969-1986)
On plonge avec délices dans ce volume de 400 pages, qui est une sorte de coupe transversale du paysage poétique sinon contemporain, tout du moins moderne. Une aventure, une expérimentation. Aux commandes : Emmanuel Hocquard et Raquel. Hocquard, on connaît, bien sûr. Le cours de Pise (POL) ou ses Élégies parues dernièrement chez Gallimard. Raquel ? Inconnue… Lire la suite Orange Export Ltd. (1969-1986)
Roger Gilbert-Lecomte : Rimbaud le casse-dogme
Une petite bibliothèque rimbaldienne, petite mais solide, est en train de se constituer aux éditions Lurlure qui avaient déjà fait paraître en 2019 les Vers nouveaux de Rimbaud dans une édition d’Ivar Ch’Vavar, ouvrage qui circulait jusqu’alors de manière un peu officieuse parmi les camarades. Lurlure a également fait paraître les non moins indispensables écrits… Lire la suite Roger Gilbert-Lecomte : Rimbaud le casse-dogme
Artaud ou la preuve par l’Impossible
Et il est mort, au petit matin, à l’orée d’une impossible nuit. (Suppôts et Suppliciations) Artaud par Man Ray (1926-27?) pour Arthur Méthode : bâcler, traverser. Parcourir, sans avoir la naïveté de vouloir arrêter le sens. On finirait, soi-même, coupé en deux par le bolide Artaud, que rien n’arrête. Lacan seul aurait « fixé » Artaud, en 1938,… Lire la suite Artaud ou la preuve par l’Impossible
Pour en finir avec soi-même (Laurent de Sutter)
https://www.youtube.com/watch?v=1uYWYWPc9HU Réécouter le titre le plus populaire de Radiohead, « Karma Police ». Comprendre que, dans la grande infantilisation néolibérale du monde, cette chanson geignarde mais belle nous parle de la concrétisation de l’engagement politique sous la forme du chouinement adolescent. Il faut effectivement être bien immature pour croire qu’on y fera encore quoi que ce soit.… Lire la suite Pour en finir avec soi-même (Laurent de Sutter)
Perec, l’œuvre-monde
Parution d'un article de bibi, intitulé : « Joyce, Perec et le romanesque (en passant par le Volcan) », dans le numéro 14, fort volumineux (566 pages), des Cahiers Georges Perec. J'y parle de l'esquisse romanesque du « Portulan », d'Ulysse et d'Au-dessous du Volcan. Voir le site de l'Association Georges Perec.